Trois questions à Jean-Pierre Massou

Jean-Pierre Massou a travaillé au sein des services de la Chambre d’agriculture de la Haute-Garonne, puis de ceux de la chambre d’agriculture régionale. Avant de prendre une retraite bien méritée. Il reste cependant actif dans bien des domaines : il est notamment président de l’Aropa 31.

Pouvez-vous s’il vous plaît nous présenter l’Aropa ?

L’Aropa 31, c’est l’association des retraités des entreprises et organismes professionnels agricoles et agro-alimentaires de la Haute-Garonne. Créée le 12 juillet 1983, elle s’adresse à tous les retraités, ou à ceux qui le seront prochainement. Et ce, quelque que soit leur régime de protection sociale (MSA ou régime général). Elle est apolitique, non confessionnelle et indépendante de toute organisation professionnelle ou syndicale.

Nous avons plusieurs objectifs : celui – tout d’abord – d’informer nos adhérents sur tous les sujets d’actualité concernant les retraites, la santé, le bien-vieillir, au travers de réunions d’information, de conférences, etc. Il s’agit également de défendre les intérêts des retraités auprès des pouvoirs publics, des parlementaires, ou en apportant une aide dans les démarches administratives auprès des caisses de retraite. Nous apportons aussi des services à nos adhérents pour défendre leur pouvoir d’achat (tarifs de groupe en assurance complémentaire santé et en téléassistance, réductions tarifaires auprès d’enseignes ou de commerces partenaires, etc.). Enfin, nous développons des liens d’amitié entre nos membres en organisant des journées de rencontres et de visites. Notre association est par ailleurs affiliée à une fédération nationale, la FNAropa, dont je suis vice-président.

Justement, quelles sont vos revendications à propos du projet de réforme des retraites ?

Le manque d’équité et de justice dans les 42 régimes de retraite est évident. Regardons les choses en face. Les systèmes actuels de retraite, construits dans les années 50, sont injustes car le même effort de cotisations génère des montants de pension très différents d’un régime à l’autre. De plus, leur  financement doit être sécurisé. Le système par répartition, c’est-à-dire le fait que les cotisants d’aujourd’hui (les actifs) payent les pensions des retraités actuels, doit rester un principe essentiel de notre système de retraite. Cette solidarité intergénérationnelle doit être confortée car c’est le ciment de notre société. Dès lors, la réforme des retraites est une réforme indispensable et nous soutenons le projet de réforme de retraite universelle. D’ailleurs, avant même que les politiques n’en parlent, nous en faisions la promotion.

La deuxième revendication concerne la hausse de la CSG. Nous n’y sommes pas hostiles puisqu’on nous dit qu’elle contribue à l’activité économique et à créer de l’emploi. Mais face à celle-ci, les retraités ne sont pas traités de manière équitable. C’est ainsi que la cotisation maladie de 1% a été supprimée pour tous les actifs suite à la hausse de 1,7% de la CSG, et elle n’est pas appliquée sur les retraites des fonctionnaires. Or, elle subsiste aujourd’hui sur les retraites complémentaires du privé. Ce n’est pas équitable. Nous venons d’intervenir auprès des parlementaires pour faire supprimer cette discrimination.

Enfin, il y a aussi la complémentaire santé. Elle nous coûte chère et est entièrement à notre charge. Nous réclamons la défiscalisation de nos cotisations de complémentaire santé, comme peuvent le faire tous les actifs
pour la part qui reste à leur charge.

Vous souhaitiez revenir sur l’image du retraité véhiculée dans les médias ?

Les retraités sont régulièrement stigmatisés et pointés du doigt dans les médias ou par les politiques. Certains disent que nous coûtons chers, d’autres emploient les termes de « nantis » ou de « oisifs » pour nous désigner. Ce manque de considération, voire ce mépris, n’est pas acceptable car la réalité est tout autre. Les retraités sont des citoyens à part entière et nous devons dire aux responsables politiques, mais aussi aux jeunes générations, la place et le rôle que nous occupons dans la vie de nos communes, dans les associations, ou encore dans la cellule familiale. Plus de 30% des membres des conseils municipaux sont des retraités. Dans les diverses associations, la moitié des bénévoles sont retraités. Nous assurons aussi la garde des petits-enfants les mercredis ou lors des vacances scolaires, lorsque les crèches ne fonctionnent pas ou lorsque les parents n’ont pas les moyens de payer une assistante maternelle. Nous sommes à la retraite mais pas en retrait. Les presque 17 millions de retraités français constituent un corps social qui revendique sa reconnaissance officielle.

Propos recueillis par Aurélien Tournier