Philippe Lacube préside l’Acap

Publié le 8 juin 2019

Deux mois après les résultats des élections des Chambres d’Agriculture, les élus du bureau de l’ACAP ont officiellement pris leurs fonctions le 9 avril dernier. Fraîchement élu à la présidence de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège depuis le mois de février, Philippe Lacube vient de prendre la présidence de l’Association des chambres d’agriculture des Pyrénées (ACAP).

Vous succédez à Pierre Martin, éleveur des Hautes-Pyrénées, à la tête
de l’ACAP. Son bureau vient en effet de voter à l’unanimité en votre
faveur…

« Je suis éleveur et entrepreneur aux Cabanes en Ariège. Avec mes 4 associés nous avons fait le choix d’élever des races rustiques véritablement adaptées aux territoires montagnards : vaches gasconnes et cochons noirs gascons. Par souci de valorisation de mes productions agricoles, je suis devenu gérant d’un restaurant et d’un magasin de producteurs. J’emploie une vingtaine de salariés. Je me suis toujours engagé en faveur de l’entreprenariat en milieu rural. Dernièrement, j’ai présidé le CERFrance de l’Ariège et de l’Occitanie. Travailler à l’échelle du massif des Pyrénées ne m’est pas non plus inconnu. J’ai eu mes premières expériences professionnelles dans les Hautes-Pyrénées avant de m’installer en Ariège.
Connu pour mon engagement sur la problématique de l’ours, j’ai endossé la présidence de l’Association pour le développement durable et l’identité des Pyrénées (ADDIP) pendant plusieurs années. A 56 ans, je suis un véritable montagnard pyrénéen dans l’âme.La reconnaissance des spécificités de l’agriculture pyrénéenne – notamment du pastoralisme collectif est au cœur des missions de l’ACAP.

Dans un contexte de réforme des politiques européennes, quels sont les dossiers prioritaires ?
Je crois en la force du collectif pour travailler sur des questions que la profession agricole considère comme majeures et apporter une vision plus globale du développement agricole en montagne. L’ACAP elle-même est un outil collectif. Émanation des chambres d’agriculture des Pyrénées, elle œuvre en faveur du développement intégré de l’agriculture et du pastoralisme pyrénéen. La présider est une véritable reconnaissance de mes pairs. Il m’importe aujourd’hui d’être à la hauteur des actions précédemment menées dans le champ des politiques publiques et économiques pour une meilleure prise en compte des spécificités pyrénéennes. L’ACAP a édité en 2018 un livre blanc consignant une soixantaine de propositions pour l’agriculture du massif. Une vingtaine de ces propositions concerne précisément l’écriture et la mise en oeuvre de la prochaine Pac.
La question de la reconnaissance des surfaces pastorales comme surfaces productives et donc surfaces éligibles aux aides de la Pac y est prioritaire.
Lors de la réforme de la Pac de 2015, nous avons joué un rôle fondamental dans le rééquilibrage des aides du 1er pilier de la Pac entre les différents systèmes de production. Nous nous efforcerons de conforter ces mécanismes très favorables à l’élevage de montagne en soutenant une convergence totale des paiements à l’hectare et en assurant un fléchage strict des aides vers les agriculteurs actifs. Si ces dispositifs consolident le revenu de nos agriculteurs, la rémunération des biens publics qu’ils génèrent est une piste que nous travaillons activement, sans oublier le maintien de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) visant à compenser les surcoûts de production en montagne. Enfin, nous voulons capitaliser sur les réussites du Plan de soutien à l’économie montagnarde de 2007-2013 en renégociant un dispositif véritablement intégré, capable de prendre simultanément en charge le développement économique, social et environnemental du pastoralisme pyrénéen. Il actionnerait de façon combinée différents leviers (cabanes en estive, clôtures, parcs, dessertes, portage, bergers, formation, investissements, ingénierie et étude…) et serait abondé par différents fonds européens et contreparties nationales. En miroir de ce plan, et parce que nous refusons catégoriquement le Plan ours imposé par l’État, nous demandons la mise en plan d’un plan spécifique de « décohabition » du pastoralisme et des prédateurs.