Dur, dur, dur

Par Sébastien Garcia • 19 avr, 2017 • Catégorie: •

La simplification, les ministres nous en parlent depuis longtemps. Mais pour le moment, soit elle conduit à l’inverse du but recherché – comme pour la PAC – soit elle est tellement excessive qu’elle met une production en danger. C’est ce qui se passe pour l’aide couplée blé dur. Il suffit maintenant de détenir un contrat de livraison avec un collecteur, précisant les surfaces engagées. Les obligations d’utiliser des semences certifiées, de densité minimale et de date de semis sont supprimées. Un choix regrettable à plusieurs égards pour l’avenir de cette production.

Dur pour la relance du blé dur : l’aide actuelle de 25 €/ha ne vaut que pour une enveloppe fermée. Toute augmentation des surfaces engagées aura pour effet d’en diminuer le montant, compromettant l’intérêt de développer la culture.

Dur pour le progrès génétique : l’abandon de l’obligation de semences certifiées remet en cause l’intérêt pour les semenciers de continuer à faire progresser cette modeste culture qui est pourtant vitale pour notre région.

Dur pour le stockage à la ferme : ceux qui ne veulent pas passer par un collecteur risquent de s’en détourner, faute de rentabilité.

Qualité de production non garantie, développement compromis, le blé dur et ses producteurs méritaient mieux que ça…

 

Yvon Parayre, Président de la Chambre d’Agriculture 31