Jean-Claude Labit (à gauche) et Christian Pèes ont fait entériner, à Seysses, la fusion de Coopéval et Euralis, officialisée lors de l’AG d’Euralis, le 12 février à Pau.

Coopéval fusionne définitivement avec Euralis

Publié le 6 février 2014

C’est fait ! Après avoir commencé par une union économique entre Coopéval et Euralis, les deux coopératives ont validé leur fusion complète lors de la dernière AG d’Euralis-Coopéval, le 4 février à Seysses.

Aboutissement logique

En 2008, Coopéval et Euralis décidaient de mettre en commun leurs moyens de production, tout en gardant une gestion séparée des deux entités. « C’était un moyen de garder la légitimité « territoriale » de l’ex-Coopéval vis-à-vis des administrations locales », précise son ancien Président, Jean-Claude Labit. « Or, depuis 3 ans, Euralis a réformé son mode de gouvernance, avec notamment la désignation de trois Vice-présidents Territoriaux, ce qui permet aujourd’hui de porter la voix des adhérents de Haute-Garonne au travers du groupe. Il n’y avait donc plus de raisons de ne pas fusionner. » C’était apparemment un avis partagé par tous, puisque la fusion a été votée à l’unanimité lors de cette AG. Un signe fort selon Jean-Claude Labit, qui précisait tout de même que ce sujet avait été largement débattu préalablement, lors des assemblées de section. « Il y a surtout de nombreux avantages à cette fusion », renchérissait Christian Pèes, Président du groupe Euralis. « Par exemple, les adhérents de Haute-Garonne pourront désormais bénéficier de nos politiques de dividendes, ristournes etc. Ce qui n’était pas possible avec une simple union économique.»

Clap de fin pour le chanvre…

C’était l’autre point important de la journée. Devant les pertes enregistrées depuis plusieurs années par l’usine Agrofibre de Cazères, la direction d’Euralis a décidé de jeter l’éponge. « C’est avec un gros pincement au cœur que nous devons nous résoudre à arrêter le développement de notre filière Chanvre et stopper l’activité de notre usine de défibrage », regrette Jean-Claude Labit. « Même si nous sommes convaincus de l’intérêt environnemental et des atouts du chanvre en termes de développement durable, il faut se rendre à l’évidence qu’au final, c’est l’économie qui a le dernier mot. » De fait, les clients potentiels ne sont pas au rendez-vous et les prix de vente du marché actuel ne permettent pas de couvrir les coûts de transformation. Concurrencé par d’autres sources d’énergies renouvelables comme le bois, la filière chanvre souffre également de la baisse (qui s’annonce durable) du prix de l’énergie fossile. « Si nous avions une visibilité à 5 ans, avec un espoir de sortir du tunnel à court ou moyen terme, on aurait gardé l’outil », reconnaît Christian Pèes. « Mais avec 10 millions € investis depuis 2008 et un million d’euros de perte chaque année sur cette même période, nous ne pouvons nous permettre le luxe de continuer. » Pour la campagne à venir, Euralis propose une solution temporaire aux producteurs qui souhaitent poursuivre la culture de chanvre. La coopérative va organiser la production, à concurrence de 200 ha, et sous-traitera la mise en marché à la CAVAC une coopérative vendéenne spécialisée dans cette culture.

… et avis de décollage de la filière Semences

Le site d’Agrofibre pourrait être dédié au secteur des semences, qu’Euralis veut activement développer dans les années à venir. « Il y a un train à prendre », insiste Christian Pèes. « Nous gagnons des parts de marché, notamment dans plusieurs pays d’Europe de l’Est. Bien sûr, nous sommes tous petits par rapport aux poids-lourds comme Monsanto ou Pioneer. Mais le savoir-faire et la génétique d’Euralis sont de plus en plus reconnus, en particulier en maïs et tournesol. Par exemple, nous lançons une gamme très originale de maïs d’origine tropicale qui s’annonce prometteuse. Il y a donc de vraies opportunités pour les agriculteurs de Haute-Garonne, d’autant plus que la fusion simplifie les choses l’organisation de ces productions spécialisées à l’échelle régionale par notre coopérative. » Certes, on s’improvise pas producteur de semences, qui requiert technicité et équipement spécialisé. Mais pour Jean-Claude Labit, cette production présente de nombreux atouts, dont la possibilité de maintenir un produit brut équivalent en diminuant les ha irrigués n’est pas le moindre. « Mais nous aurons besoin de visibilité à moyen terme sur les surfaces que nous pouvons engager », ajoute-t-il. « Il faudra donc que nos adhérents s’engagent au-delà d’une simple campagne. Pour les accompagner au mieux et les convaincre de s’investir dans la durée, nous réfléchissons actuellement à des prestations de services sur des actes spécialisés, comme le triage qui pourrait être réalisé sur le site de Cazères, en plus du stockage et du traitement des semences. »

Innover et communiquer

La dernière partie de l’Assemblée Générale était consacrée à l’innovation. Pour en débattre, Jean Daydé, directeur de recherche à Purpan, et Cédric Poeydomenge, directeur technique d’Euralis, proposaient à l’assistance de découvrir en quoi les dernières innovations pourraient permettre de relever les enjeux de l’agriculture de demain. Télédétection spatiale, outils d’aide à la décision, management agronomique durable, couverts végétaux, OGM, bio-contrôle, …, un large panel de technologies a été abordé par les deux intervenants, dont les structures respectives travaillent souvent en partenariat. « Nous sommes convaincus que c’est à travers ces innovations que l’on pourra répondre aux attentes de la société », expliquait Cédric Poeydomenge aux adhérents présents. « Notre objectif maintenant est de faire en sorte que ces avancées soient disponibles sur vos exploitations de manière la plus efficace possible. » Un défi ambitieux auquel Christian Pèes ajoute celui de la communication. Il présentait ce jour-là le plan média lancé par Coop de France. Dotée d’environ 6 millions d’euros, cette campagne qui a déjà débuté à la télévision et se poursuivra sur la majorité des supports médiatiques, comprendra en outre des actions locales de sensibilisation. « Il y a un véritable enjeu à réussir notre communication », conclut Christian Pèes. « Dès qu’on parle de satellite, de génétique, voire simplement de recherche en agriculture, il y a systématiquement une levée de bouclier d’une partie de nos concitoyens qui transmet ensuite son opposition à une large frange de notre société. Il nous faut donc réussir à démontrer au grand public que l’avenir de l’agriculture et d’une alimentation maîtrisée passe par le progrès et l’innovation. Et leur faire comprendre que si nous ne sommes pas capables de nous emparer de ces technologies, d’autres pays le feront à notre place. »

 

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