Dernière ligne droite pour écrire l’histoire

Publié le 25 janvier 2019

En pleine campagne pour les élections de la Chambre d’agriculture, Christian Mazas, tête de liste FDSEA 31, et Yvon Parayre, candidat pour la présidence, sillonnent les routes du département, à la rencontre des agriculteurs.

Quel bilan dressez-vous de la mandature qui s’achève ?

Yvon Parayre : « Nous avons géré la Chambre d’agriculture avec des budgets équilibrés, en toute indépendance politique et nous avons maintenu l’effectif du personnel constant. Par ailleurs, nous nous étions fixés six axes de travail essentiels : l’accompagnement technique, le numérique, les circuits de commercialisation innovants, l’installation des jeunes, l’agroécologie et l’eau. L’implication des élus et des collaborateurs a permis des avancées significatives : la plateforme Produit sur son 31, le Drive fermier toulousain, et Engraiss’expérience ont vu le jour et offrent des débouchés jusqu’ici inexplorés ; de nouvelles offres de services ont été mises en place ; un point accueil installation est opérationnel et les journées Farm dating et Transmission permettent de repérer des candidats et de préparer le renouvellement des générations.

Quels seront vos chantiers prioritaires ?

Christian Mazas : Toute notre énergie doit être mobilisée sur le revenu, qui reste le nerf de la guerre. Nous devons faire émerger des solutions qui aideront les agriculteurs à dégager de la plus-value sur leurs exploitations. Cela passe par nouer des relations étroites avec les collectivités territoriales et les entreprises pour qu’ils servent nos produits locaux dans leur restauration collective.

YP : La question de l’accès à l’eau pour tous demeure une priorité. La Chambre d’agriculture a commencé d’étudier l’achat de réserves d’eau, plus rapide à mettre en œuvre que des créations de réserves. La réaffectation d’anciennes gravières mérite aussi d’être creusée.

CM : L’eau rendue disponible par ces projets permettra d’irriguer et ainsi de diversifier les assolements dans des secteurs de grandes cultures. On pourrait alors voir se développer des filières telles que les porte-graines, le maïs semence et le maraîchage.

YP : Grâce à cette eau, les éleveurs sécuriseront la récolte des prairies. Certains pourraient cesser d’utiliser l’eau du réseau pour l’abreuvement, et de ce fait réduire leurs charges.

Dans votre recherche de revenus, quelle est la place des énergies renouvelables ?

CM : Tout ce qui peut générer un revenu en complément de l’activité agricole mérite notre attention : la méthanisation, l’éolien ou le photovoltaïque.

YP : Nous accompagnerons les agriculteurs vers la transition énergétique, à travers une écologie économique. Déjà, nous avons formé des
conseillers à établir des bilans carbones. Sur le photovoltaïque, nous privilégions les projets en toiture. Le sol doit rester dédié à la production.

Votre programme aborde aussi l’installation des jeunes…

YP : La population active agricole vieillit et le renouvellement des générations est une question cruciale. La Chambre d’agriculture est l’outil idéal pour accompagner les futurs installés comme les cédants et sécuriser leur projet, dans tous les domaines.

CM : Par exemple, il s’agit d’encourager les propriétaires à donner
leurs baux à céder en fermage plutôt qu’à la vente. Une défiscalisation ou l’exonération de taxes TFNB, voire les deux dispositifs, serait incitatif. De plus, un travail de mise en relations entre les cédants et les centres de formation est également envisagé.

YP : Ce point me permet de faire la transition avec la communication. La Chambre d’agriculture est la porte d’entrée pour les médias et le grand public sur les questions agricoles. C’est pourquoi nous formerons les élus à présenter le métier de façon positive. Nous aurons ainsi un réseau d’experts qui saura vanter toutes les qualités de notre belle agriculture haut-garonnaise, et répondre face à nos détracteurs.

À quelques jours de la fin du scrutin, dans quel état d’esprit êtes_vous ?

YP : Les multiples échanges que nous avons sur le terrain nous apportent beaucoup. Chaque voix compte et nous irons les chercher.

CM : Dans ce contexte hors-normes, tout reste à faire pour écrire l’histoire »