Démonstrateur en vue pour le sorgho

Publié le 28 octobre 2018

Ils étaient 26 membres de la filière Sorgho, réunis le 9 octobre dernier à Auzeville-Tolosane, pour débattre des atouts de la plante et des freins à lever pour assurer son déploiement. Avec le sorgho, les préjugés ont la vie dure. Derrière les sempiternels tanins, que la recherche variétale a exclu de la production française depuis près de 30 ans, de nombreux freins restent présents, aussi bien d’ordre technique (mauvais précédent cultural, complexe à désherber, prix d’achat au producteur peu élevé, faible tolérance au froid, besoin d’une étape de séchage) que liés à un déficit d’image (production éloignée des utilisateurs finaux ; volumes produits restreints.
Consciente de ces limites, l’interprofession Sorghum ID a donc décidé de réunir les acteurs de la filière en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine  afin de proposer des pistes de développement. Semenciers, chercheurs, instituts techniques, distributeurs, producteurs et fabricants d’aliments avaient répondu à l’appel. Ils ont fait  appel au pôle de compétitivité Agri Sud-ouest innovation (ASOI), pour les accompagner dans leur démarche et si besoin monter les dossiers de financement des projets qui émergeront de la réflexion. Les échanges entre les 26 participants ont nourri les débats. Ils ont permis d’identifier les forces du sorgho : avec son besoin en eau modeste, sa résistance aux nématodes et aux chrysomèles, son stockage du carbone dans le sol, son IFT (Indice de fréquence de traitement) inférieur à d’autres cultures), son utilisation potentielle en alimentation humaine et la proximité
de l’Espagne pour accroître les débouchés, le sorgho présente des atouts indéniables.

Produire plus

Différents leviers existent face au déficit d’image et aux difficultés techniques soulevées : motiver les transformateurs, afin qu’ils dynamisent l’ensemble de la filière ; développer les débouchés locaux ; créer une charte ou
un label, après avoir identifié un caractère de différenciation du produit ou une certification « verdissement », qui pourrait servir dans le cadre de la Pac. Le premier enjeu consiste pour l’heure à produire plus, pour développer le marché et l’intérêt des industriels. Pour augmenter les volumes de production, qui oscillent entre 300.000 et 350.000 tonnes par an, l’alimentation animale, débouché actuel majeur, semble incontournable.