Le lycée de St Gaudens se met en ordre de marche

Publié le 11 septembre 2014

Rentrée 2014 chargée au lycée agricole de St Gaudens. Et pour cause : nouveau directeur d’établissement, nouvelle directrice du CFAA* et nouvelle chef d’exploitation pour la ferme du lycée. Et la nouvelle équipe s’est fixé des objectifs très ambitieux…

Atteindre la taille critique

Avec 197 élèves en cette rentrée 2014, les effectifs du lycée (3ème, CAP, 2nde, BEP et Bac Pro) sont en augmentation de plus de 10%. « Le bon recrutement de cette année et l’ouverture d’une nouvelle classe de 2nde Technicien Conseil Vente en produits alimentaires expliquent cette hausse des effectifs », estime Thierry Force, le nouveau proviseur qui dirigeait auparavant le lycée agricole de Narbonne. « Mais il ne faut pas en rester là. L’établissement est en sous-capacité et les installations non utilisées pèsent donc sur les comptes du lycée. » Le directeur mise, entre autre, sur le regain d’intérêt de l’internat pour attirer de nouveaux élèves. De fait, le nombre d’internes est passé de 60 à 80, pour une capacité d’accueil de 120 places. « Les parents se rendent compte que leurs enfants passent beaucoup de temps dans les transports pour aller en classe », poursuit-il. « Outre la fatigue des élèves, cela a un coût non négligeable pour leurs parents. » Or, ramené à la semaine, l’hébergement et les repas d’un élève en internat reviennent à moins de 45 €. Sans compter que le jeune profite d’un environnement éducatif avantageux (études encadrées, accompagnement scolaire plus facile, etc.). Des arguments de plus en plus entendus par les parents… D’autant que les résultats 2013/2014 du lycée aux examens sont plutôt flatteurs. Les classes de 3ème, CAP, BEP et le Bac Pro Service aux Personnes font carton plein avec 100% de réussite. Seul le Bac Pro Gestion d’exploitation agricole n’atteint pas l’excellence, mais compte tout de même 10 admis sur 12 candidats.

La formation des adultes au cœur des enjeux

Venue également de l’Aude, où elle avait en charge l’agrotourisme au sein du CFPPA, Florence Martin-Pons a pour mission de revoir la carte des formations dispensées par le CFAA Piémont Pyrénées. « Il s’agit de répondre au plus près des besoins du territoire en matière de formation ou de spécialisation », explique-t-elle. Exemple concret de cet engagement, le CFA va débuter à la rentrée 2015 un Certificat de Spécialisation (CS) Conduite de production en agriculture bio et commercialisation. Ce diplôme de niveau IV (Bac) permettra de combler un manque en termes de compétences locales en techniques agricoles bio, mais aussi en techniques de vente, activité souvent connexe à la production.

L’établissement compte également diversifier les formations professionnelles continues sur St Gaudens. Là aussi, il est question d’adapter les formations destinées aux agriculteurs et salariés aux attentes du secteur. « Un observatoire public, financé par le Conseil Régional et l’État) établit chaque année, par bassin d’emploi, un état des lieux des types de métiers présents et des compétences qui font défaut », précise-t-elle. « En fonction des résultats, le Conseil Régional fait des appels d’offre auprès des organismes régionaux pour mettre en place des formations pour adultes qui « collent » parfaitement aux besoins du terrain et pour lesquelles les débouchés sont quasiment assurés. L’objectif du CFA Piémont Pyrénées est donc d’être un outil de développement au service de St Gaudens et de ses environs. »

Un nouveau bâtiment pour l’exploitation

Parmi les outils dont dispose l’établissement de St Gaudens, la ferme de St Médard est incontestablement un support pédagogique de choix. Mais l’exploitation peine à trouver son équilibre financier. Estelle Le Quinio, qui vient d’en reprendre les rênes a donc du pain sur la planche. « Il y a beaucoup de projets, en cours ou prévus, sur cette exploitation assez complexe », confirme-t-elle. « Elle rassemble des ateliers vaches laitières certifié bio, ovin viande et transformation yaourts. Un comité de pilotage travaille d’ailleurs depuis 6 mois à sa restructuration pour renouer avec l’équilibre financier. » Ce comité, qui rassemble salariés et partenaires de l’établissement (DRAAF, Chambre d’Agriculture,…), a ainsi retenu un scenario de développement, cet été. Au programme, maintien des effectifs animaux (environ 60 vaches laitières et 350 brebis mères) et doublement de la production de l’atelier yaourt. Côté fonctionnement, l’exploitation devra atteindre l’autonomie alimentaire et accroître sa maîtrise technique, notamment en bio, pour dégager des marges satisfaisantes. « Tout un tas d’actions vont découler de ce scenario », poursuit Thierry Force. « Cela passera par de la formation, de l’amélioration génétique et surtout la construction d’un nouveau bâtiment pour les vaches laitières. L’actuel ne permet pas de travailler dans de bonnes conditions matérielles et sanitaires. » Si ce projet de bâtiment est dans les tuyaux depuis longtemps, son financement (en grande partie par le Conseil Régional) coinçait, faute de garanties d’un vrai retour sur l’investissement. Aujourd’hui, le travail réalisé par l’établissement et le comité de pilotage devrait permettre de lever les derniers verrous.

« Ce sera un outil précieux pour permettre à l’exploitation de fonctionner à son optimum et de sortir de sa mauvaise passe », conclut le proviseur. « D’autant que la ferme se positionne parfaitement dans la dynamique fixée par le ministère de l’agriculture, qui est de tendre vers l’agroécologie et d’enseigner à produire autrement. Nous avons également l’appui de la profession et des collectivités territoriales. Il n’y a plus qu’à se mettre au travail… »

 

* Centre de Formation d’Apprentis Agricole

Auteur de l’article : Sébastien Garcia