Élevage : le partage d’expériences pour mieux organiser le travail

Publié le 6 avril 2019

Au sein du Gaec de Rouquette, à Buzet-sur-Tarn, tout est pensé pour optimiser l’organisation du travail et libérer du temps pour la famille. Une philosophie qui sert aussi de point d’amélioration technique de cette exploitation familiale spécialisée en bovins lait.
Mardi 5 mars, la Chambre d’agriculture de Haute-Garonne a invité éleveurs et partenaires du projet Région-Feader « Organisation du travail en élevage – diffusion d’ expériences réussies en Occitanie » chez Viviane Ramondenc et Bruno Roumagnac, les deux associés du Gaec de Rouquette.

L’étape auprès du Gaec de Rouquette constituait l’une des cinq visites d’élevage prévues dans le projet. « Travail et vivabilité forment deux enjeux importants pour la pérennité des exploitations d’élevage », a introduit Sébastien Albouy, vice-président de la Chambre départementale d’agriculture. Viviane Ramondenc et Bruno Roumagnac l’ont bien compris. Ils ont ainsi réfléchi à une organisation pour gérer les pointes de travail et répondre au manque de main d’œuvre : un programme de travail à la semaine a été pré-établi et certaines tâches ont été déléguées. La délégation des travaux de plaine leur a permis d’économiser du temps, de réduire les concurrences entre activités, de dégager du temps pour le suivi du troupeau et la gestion de la ferme tout en diminuant les charges de mécanisation. De plus, grâce à la délégation de l’intendance familiale, la mère de 6 enfants peut se consacrer à la conduite du troupeau, qui produit 1 million de litres de lait par an. Le tout en étant très performant économiquement : « la productivité de la main d’œuvre est très conséquente sur cette exploitation », souligne Richard Gourmanel, conseiller filière lait à la Chambre d’agriculture. À noter aussi que la répartition des tâches bien dé nie entre les deux associés ne les empêche pas d’être interchangeables au besoin.

Astreinte et technicité

« L’exploitation est considérée dans sa globalité, en privilégiant le temps et le confort de travail », analyse Aurélie Rivière, du GIE Elevage Occitanie, chef de file du projet régional.
« Il est intéressant de voir comment les associés ont cherché à améliorer leur technicité pour une meilleure organisation du travail », complète Ève Pottiez, ingénieure au GDS31. En effet, le Gaec de Rouquette adhère également au réseau Ecoantibio du GDS. C’est dans ce cadre et toujours enlien avec leur philosophie de base que les éleveurs envisagent une réduction de leur troupeau (vaches laitières et génisses). Le but ? Diminuer l’astreinte et améliorer la santé et le suivi du troupeau en privilégiant la prévention. Ils songent aussi à travailler les meilleurs animaux en race pure et mettre du croisement sur les animaux les moins intéressants. Autre exemple d’évolution envisagée : l’amélioration des conditions de travail par la valorisation de la ration. Pour cela, les associés réfléchissent à acquérir un repousse-fourrages automatique et un système de distribution automatique de la ration.