La filière caprine recrute

Article publié le 23 novembre 2018

Cilaisud caprin organisait mardi 6 novembre une journée de promotion de la filière. Alors que les besoins en lait de chèvre ne cessent de croître, l’interprofession entendait faire passer le message que s’installer en production caprine représente une opportunité rémunératrice pour les candidats.
Ce message a été relayé par la vingtaine de professionnels réunis à Mauzac, sur l’exploitation de l’EARL du Bila. Les deux associés, Émilie et Patrice Garrigues, y élèvent 50 chèvres. L’intégralité des 43.000 litres produits est transformée en fromage et vendue en circuits courts (vente directe, affineurs). Les échanges et les témoignages d’autres éleveurs récemment installés ont permis d’apercevoir la richesse et la diversité des structures présentes sur le territoire (voir tableau ci-dessous). Joël Mazars, président de Cilaisud, a rappelé combien cette filière était atypique. D’une part, la consommation de lait de chèvre augmente, surfant sur la notoriété de la bûchette et sur le développement à deux chiffres de débouchés en ultra-frais (lait, yaourt, …). D’autre part, la région bénéficie d’outils industriels et d’entreprises, au nombre de 16, qui collectent. « Et si certains secteurs géographiques ne sont pas couverts, il faut savoir provoquer les choses et être offensif pour étendre la collecte », avance Joël Mazars. En effet, alors que l’âge moyen des éleveurs caprins augmente en même temps que les volumes consommés, la filière cherche à renouveler les générations. Joël Mazars insiste pour dire qu’« il y a de la place pour de nouveaux producteurs, aussi bien comme livreurs de laiterie que comme transformateur fermier. Les entreprises recherchent du lait. »

Pourquoi pas vous ?

Conscient du déficit d’image dont est victime la filière, l’interprofession a donc choisi de communiquer autour des opportunités d’installation ou de création d’atelier en production caprine : « Nous souffrons d’une image désuète, loin de la réalité. La production caprine reste très technique. Encore plus que sur d’autres productions, l’installation nécessite une préparation et une formation. Il ne s’agit pas de partir seul sur un projet », insiste Joël Mazars. Victime d’un manque de candidats, la production caprine présente pourtant de multiples atouts : le premier concerne l’aspect rémunération puisqu’il est possible de vivre de cette production. De plus, elle nécessite la mobilisation d’un capital au démarrage plus faible que sur d’autres ateliers animaux. Enfin, la taille des animaux en fait un cheptel facile à manipuler pour un public féminin, de plus en plus intéressé par l’élevage.

Autant d’atouts méconnus, tant en matière de production que de filière, justifiaient aux yeux de l’interprofession de lancer la démarche régionale « Créer un élevage caprin, une journée pour connaître la filière ». Cette initiative de Cilaisud entend promouvoir l’élevage caprin et pérenniser la dynamique de cette filière dans le Sud-Ouest. La journée du 6 novembre faisait office de lancement. Elle sera suivie par une journée dans chaque département d’Occitanie.

L’élevage caprin en Haute-Garonne
Quand la France dénombre 6.000 élevages caprins dont 800 en Occitanie, le département compte une quarantaine d’élevages caprins, dont un nouvel installé en 2018. Les systèmes de production varient à l’image de la diversité pédoclimatique du département : spécialisés ou en complément d’autres ruminants, de 25 animaux à 800, conduits par 1 à 3 UTH. La taille moyenne des cheptels s’élève à 145 chèvres, légèrement inférieure à la moyenne nationale. Les plus petits cheptels correspondent à des diversifications, complémentaires d’une production déjà en place (lait de vache ou brebis). 87 % des élevages sont spécialisés dans la production de lait de chèvre ; la viande et la laine restant anecdotiques. Le lait produit est principalement transformé sur place pour être vendu en direct sous forme de fromage, de yaourt et de lait.