Christine Damay est praticienne au sein de la clinique de l'Aubisque, à Boulogne-sur-Gesse.

« La mise à l’herbe se réfléchit à un niveau global »

Publié le 20 mars 2018.

Christine Damay, vétérinaire au sein de la clinique de l’Aubisque, à Boulogne-sur-Gesse (31) livre quelques conseils aux éleveurs pour une mise à l’herbe réussie. Selon elle, cela passe à la fois par une maîtrise de la transition alimentaire, une gestion optimisée de la hauteur d’herbe, des apports en eau et en sel et par une bonne préparation des prairies.

Quel est le meilleur moment pour sortir les animaux ?

« Le plus tôt possible dans la saison, dès que le sol est porteur. Pour le vérifier, un coup de talon dans la pâture suffit. Quand la botte ne s’enfonce pas de plus de 5 cm, même si l’herbe n’est pas très haute (10 cm), les animaux peuvent être mis à pâturer. Si la portance est limite, je suggère de porter son choix en priorité vers les prairies naturelles. En amont, une période de transition alimentaire devra avoir été anticipée.

Comment bien préparer cette transition alimentaire entre la ration hivernale et celle de printemps ?

Les animaux vont passer d’une ration de foin pauvre en azote à une herbe tendre, très riche en azote. Cette transition, nécessaire, s’étalera sur une durée assez longue comprise entre trois semaines et un mois. Les vaches seront lâchées très progressivement, d’abord deux à trois heures par jour et de préférence l’après-midi par beau temps.

Peut-on sortir tous les animaux en même temps ?

Non. Des vaches à plus de huit mois de gestation ne doivent pas être mises à l’herbe. En effet, tout ce qui peut perturber la digestion d’une femelle en fin de gestation ou fraîchement vêlée peut conduire à un déséquilibre de la flore intestinale et contaminer le veau. Il en va de même pour les vaches qui ont été saillies dans le mois. En outre, avant de lâcher les animaux dehors, il est essentiel de faire des lots en fonction des stades de gestation. Les génisses sont à mettre à part. Pour des questions d’ordre sanitaire (parasitisme)  et afin de limiter les refus en pâture, elles passeront sur les parcelles avant les vaches.