SAFER: « Un outil probant depuis 50 ans »

Publié le 1 avril 2013

Météo clémente et environnement des plus plaisants, la journée d’information annuelle bi-départementale Haute-Garonne/Ariège de la SAFER GHL s’est ouverte sous les meilleurs auspices, le 19 mars dernier. Jean-Michel Baylac, son Président, avait invité administrateurs, partenaires et collaborateurs, dans le cadre bucolique du Domaine des Oiseaux, à Mazères (Ariège).

Une zone verte multifonctions

« Nous avons fait d’une contrainte, un atout », se réjouissait Louis Marette, Maire de Mazères, qui accueillait les participants sur ce Domaine ornithologique de 80 ha, dont 30 de plans d’eau. « La construction de l’autoroute A66 a amené de grands bouleversements que nous avons su tourner à notre avantage. » De fait, le chantier imposant de creuser des carrières, ce fut le début d’une réflexion large sur la destination des terres impactées, une fois les travaux terminés. La présence de nombreux oiseaux, remarquée pendant la construction de l’ouvrage, a fait germer l’idée de créer une base de loisir « nature », qui soit à la fois une aire de repos et de restauration des espèces indigènes ornithologiques et un lieu de promenade et d’observation pour les riverains de Mazères. Les compensations financières liées à la construction de l’autoroute, les subventions et soutiens de nombreux partenaires et institutions (Conseil Régional, Europe, banques, etc…) ont permis le montage d’un complexe mais ambitieux projet. 10 ans après, le résultat est là. Environ 18.000 visiteurs visitent chaque année le domaine, qui comprend également une ferme-auberge, un musée paysan, un pigeonnier d’époque entièrement restauré et, depuis l’an dernier, un centre de soins pour oiseaux blessés, baptisé « l’Aouselou ». Et la SAFER dans tout ça ? « Elle ne nous a pas donné d’argent, mais elle nous en a fait gagner beaucoup », sourit Louis Marette. « C’est la SAFER qui nous a aidés à négocier pour la création des carrières, pour le remembrement mis en place à l’occasion du chantier, et pour l’acquisition de plusieurs km de berges et de terrains environnant. Elle est enfin intervenue de façon salutaire pour la préemption avec révision de prix pour un terrain situé en plein milieux du domaine. Sans le travail patient et diplomatique d’Émilie Morin, conseiller foncier SAFER du secteur, c’était toute la faisabilité et la cohérence de notre projet qui étaient remises en cause. » Au final, une belle opération que les participants à cette journée ont pu apprécier lors de la visite organisée l’après-midi.

 

Un an de marché foncier passé en revue

L’objectif de cette journée étant de faire le point sur l’activité de la SAFER, Christian Roussel, directeur des services SAFER Ariège et Haute-Garonne, est revenu sur les faits marquant de l’année 2012 (voir tableaux ci-dessous). « Le point notable de ces deux dernières années est que le rythme de consommation du foncier agricole diminue, que ce soit en Ariège ou en Haute-Garonne », déclarait-il « Ce bon signal est à mettre au crédit des nouvelles politiques de préservation de l’espace réclamée par la profession agricole depuis longtemps. » L’année écoulée aura vu se tenir, pour la Haute-Garonne, une dizaine de comités techniques et 75 commissions cantonales des structures, au cours desquels 312 candidatures pour achat et 75 pour baux SAFER auront été examinées. Un travail quotidien conséquent, notamment dans notre département où la SAFER a dû intervenir à plusieurs reprises pour réguler les prix autour de Toulouse qui pouvaient atteindre les 100.000 € l’ha…

Ce qui amenait Michel Baylac à rappeler le rôle indispensable de la SAFER en milieu rural. « Nous devons poursuivre notre lobbying auprès de nos politiques », insistait-il. « La SAFER est un outil qui ne coûte pas cher à l’État mais qui rend un service précieux à tous les acteurs des territoires ruraux. Nous sommes aussi le dernier outil de gouvernance rurale composé d’agriculteurs. Mais cet outil ne fonctionne que grâce à notre droit de préemption. Supprimez-le et tout le système s’écroule. Entre la spéculation dont on accuse parfois les propriétaires et la spoliation dont on accuse aussi bien la SAFER, il y a un juste milieu, raisonnable, qui est notre domaine d’intervention. Nous faisons un travail de sensibilisation et de persuasion avec l’objectif de toujours rechercher l’intérêt général. Nous y parvenons grâce à des administrateurs engagés et un personnel « militant » dont je salue le travail. La meilleure preuve de notre efficacité se voit d’ailleurs dans notre longévité. Depuis 50 ans que nous exerçons, si les SAFER ne fonctionnaient pas, elles auraient disparu depuis longtemps. »

Un point de vue partagé par Alain Fauré, député de la 2ème circonscription d’Ariège, venu participer aux échanges. « La SAFER est un outil de travail qui facilite et dépassionne les débats », estimait-il en conclusion. « Elle aide à voir plus loin que le court terme. Et si l’on ne veut pas voir émerger une agriculture de firmes, comme en Ukraine ou l’est de l’Allemagne, il faut impérativement préserver cet outil. »

Marché foncier 2012/2011

Ariège

Haute-Garonne

2012

2011

2012

2011

Valeur €/ha

non bâti libre

(vente > 5ha)

4.893 €

4.327 €

6.464 €

6.232 €

Marché Espace Rural

Marché accessible

à la SAFER

Marché Espace Rural

Marché accessible

à la SAFER

2012

2011

2012

2011

2012

2011

2012

2011

Surface ha 3.636 3.854 2.397 2.709 6.482 5.611 3.832 3.218
Valeurs (k€) 72.400 85.000 53.000 61.000 374.010 402.130 206.071 185.286

 

Acquisitions SAFER

Ariège

Haute-Garonne

2012

2011

2012

2011

Nombre 54 61 137 153
Surface ha 1 073 1053 1 789 1 456
Valeurs k€ 6 356 6600 16 146 13 359

4 préemptions simples et 6 avec révision de prix en Ariège

12 préemptions simples et 54 avec révision de prix en Haute-Garonne

Sources : SAFER GHL

 

 

Auteur de l’article : Sébastien Garcia