Mot d’humeur

10 mai 2019

Une retraite minimum à 1000 € mais seulement pour ceux qui partiront à compter de 2020 ?
Le chef de l’État se moque de nos retraites agricoles ! La nouvelle choque profondément tous les retraités plus faibles en France : 760 € par mois lorsque la retraite moyenne des Français atteint 1380 € mensuels !
Les retraités agricoles n’en peuvent plus d’attendre ! En 2018, le Gouvernement s’était engagé à travailler à la revalorisation des plus faibles retraites agricoles. À la veille de la prise de parole du Président de la République sur le pouvoir d’achat, la FNSEA et sa section des anciens exploitants avaient ainsi fait un appel du pied au gouvernement. Nous avions pris le soin d’alerter les pouvoirs publics sur l’urgence d’apporter une bouffée d’air aux anciens agriculteurs. L’annonce du Président de
la République n’est clairement pas à la hauteur de nos revendications !
L’objectif de revaloriser les retraites à 85% du SMIC est une urgence pour l’ensemble des retraités actuels (1.3 million de personnes) et à venir. Nous ne lâcherons rien et irons marteler cette urgence auprès du Préfet et des
parlementaires.

Marius Bayssières
Président de la section des anciens FDSEA 31

26 avril 2019

Chers confrères,
Le 19 avril dernier, Jacques Delpla économiste à la célèbre école d’économie
de Toulouse proposait de renationaliser la Pac, qui n’aurait « plus de raison d’être », afin de réaffecter son budget vers la protection du patrimoine.
Que d’imagination ! On a vite fait la comparaison des agriculteurs de France et de Navarre avec des fossiles ou de vieilles pierres.
Cet éminent économiste oublie certainement que la Pac est un des piliers essentiels de l’Europe. La supprimer ou la remettre en cause en 2019 risquerait de disloquer l’Union européenne déjà fragilisée. Or, nous le savons tous, notre continent connaît depuis plus de 60 ans une période de
stabilité sans précédent grâce à la construction européenne.

Aujourd’hui, face aux superpuissances que sont la Chine ou les États-Unis, face aux géants du numérique, l’Union européenne avec 26% du PIB mondial est plus que jamais indispensable pour relever les défis de demain.
Jacques Delpla oublie aussi que dans certaines régions et départements
de France, dont la Haute-Garonne, les aides Pac constituent la majeure partie du revenu des agriculteurs. Sans elles, ces derniers risquent de « pointer au chômage » avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les territoires et la ruralité. Car il faut le rappeler, les agriculteurs jouent
un rôle économique, environnemental et social fondamental dans nos campagnes. A l’heure des « gilets jaunes » qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et des territoires ruraux oubliés, comment ne pas penser à l’agriculture ?

Renationaliser la PAC et réaffecter son budget européen à la
protection du patrimoine est une idée dangereuse.

Serge Bouscatel
Président de la Chambre d’agriculture

8 avril 2019

L’animateur Nagui a tenu des propos mensongers sur la production de viande rouge au cours de l’émission « N’oubliez pas les paroles » diffusée
le 22 mars dernier. Il n’a pas hésité à affirmer que « l’élevage de bétail
pollue à lui seul plus que tous les transports réunis » et que la viande rouge « consomme énormément d’eau ». Ces propos, diffusés sur une chaîne du service public et à une heure de grande écoute, font actuellement le tour des réseaux sociaux. Quelle tristesse pour les professionnels de la filière élevage et viande ! Comment accepter de telles erreurs qui discréditent notre modèle d’élevage français, si éloigné de la description qui en est faite ?
La filière élevage et viande française est une filière responsable, en perpétuelle démarche de progrès. C’est même l’une des premières filières agroalimentaire à s’être engagée dans une démarche de responsabilité sociétale, dont l’objectif est d’intégrer toujours mieux les attentes de la société en matière d’élevage et de production de viande.
Dans une lettre adressée à l’animateur, Interbev trouve « regrettable que de tels propos puissent avoir été tenus, qui plus est sur une chaîne du service public ». L’interprofession demande à Nagui de rétablir la vérité par le biais d’excuses publiques dans l’émission. Malheureusement, cette demande
a été récusée. Depuis quand les animateurs télé, qui se doivent de jouer la neutralité, donnent-ils leur avis au cours un jeu populaire ?
Jusqu’à présent, nous respections votre profession. Est-il trop vous demander de bien vouloir agir de même ?

Jean Doumeng

22 mars 2019

SIE : de qui se moque t-on ?

Depuis bien longtemps, les agriculteurs s’adaptent au changement. Celui de la nature évidemment puisque ils travaillent avec en permanence. Ils font preuve d’anticipation avec l’animal comme le végétal, afin de ne pas se retrouver dans une impasse. On appelle cela le bon sens. Au gré des contraintes administratives et du développement des outils numériques, ils se sont formés à l’informatique pour être plus efficaces et performants. Mais ils savent aussi que la technologie peut par moment dysfonctionner.
Ils reprennent alors sans difficulté le papiere crayon. J’invite donc le Ministère de l’agriculture et ses services décentralisés à faire de même pour la déclaration de présence des surfaces d’intérêt écologique (SIE). Le ministre nous avait promis l’an dernier de pouvoir les déclarer individuellement – et non selon le dispositif de gestion par département qui ne correspond en rien au travail avec du vivant. Or, cela ne sera finalement pas possible en raisons de difficultés administratives et techniques de mise en oeuvre. Quel manque d’anticipation, qui aura des répercutions sur le revenu des agriculteurs. C’est intolérable !
Je rappelle à l’administration que toutes les productions ne s’implantent pas à la même date et que la réussite d’un couvert, pratique phare de l’agroécologie, dépend de sa bonne insertion dans la rotation et des conditions pédoclimatiques. Je propose donc à l’administration de ce département que nous servions de test : chaque agriculteur déclarera les dates de présence des SIE sur papier libre qu’il joindra à son dossier Pac.
Essayez pour une fois d’anticiper et de vous adapter, il semble que ce ne soit pas donné à tout le monde.

Christian Mazas
Président de la FDSEA 31

8 mars 2019

Chers confrères en agriculture, le printemps approche à grande vitesse et je vois les pulvés qui commencent à pointer le bout de leurs rampes au coin de nos parcelles.
Attention camarades !!! Ne pulvérisez pas de glyphosate car à entendre un élu de Colomiers, je cite : « je leur ai dit que répandre du glyphosate est un acte criminel, un crime contre l’humanité, contre la biodiversité » (la Dépêche du Midi du 26 février 2019).

Si ce genre de «responsable» politique prend, un jour, le pouvoir, nous risquons avec de tels propos d’être tous traduits devant un tribunal d’exception et bons pour la pendaison ou le poteau d’exécution.
Il faut raison garder, les ayatollahs verts et incompétents sont à mon avis beaucoup plus dangereux pour la collectivité et l’intérêt général que le glyphosate bien appliqué.
Mais ce n’est que l’avis d’un agriculteur pollueur, tueur d’abeilles et de biodiversité, empoisonneur public, vendu aux firmes agrochimiques pour la partie de son exploitation en conventionnel. ( L’autre partie est en bio, on ne sait jamais ça peut m’éviter le poteau…)

Amaury de Faletans
Secrétaire général FDSEA 31

22 février 2019

Chers lecteurs, chères lectrices,
après 19 ans consacrés au Tup dont 16 années passées au sein du journal, j’ai pris la décision, en octobre dernier, de passer le relais. Durant ces longues années, avec vous, j’ai connu de bons moments mais aussi les difficultés grandissantes que vous traversez.
À vos côtés, j’ai participé aux différentes manifestations avec toujours un seul but, retranscrire au mieux, avec mes collègues, la réalité du moment.
Au quotidien, vos appels bienveillants, nos échanges même si certains étaient parfois rudes, vos encouragements, m’ont touchée et motivée
durant toutes ces années, et je vous en remercie.

Comme l’a écrit un jour Marie Curie, « La vie n’est facile pour aucun de nous. Il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l’on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l’atteindre coûte que coûte. »

À mon tour, aujourd’hui, de vous dire « tenez bon », « croyez en vous », car vous faites un merveilleux métier : nourrir vos proches et tous les citoyens
avec de bons produits.
Je vous souhaite bonne lecture du Tup pour de longues années.

Aline Galerne
Rédacteur-graphiste