Mot d’humeur

20 juillet 2018

Carton jaune

Petit coup d’oeil dans le rétroviseur sur le dossier des zones défavorisées : en décembre dernier, le projet de carte publié excluait 230 communes de Haute-Garonne sur les 400 anciennement classées, alors même que le revenu par agriculteur est l’un des plus faibles de France.

Face à cette injustice pour les agriculteurs de notre département, les organisations professionnelles ont proposé un critère lié au morcellement des parcelles et à la présence de haies afin de permettre l’intégration de communes dans le zonage. Grâce à la prise en compte de ce critère, plusieurs communes ont été récupérées.

Malgré tout, la dernière carte présentée avec l’application de l’homogénéité territoriale reste insatisfaisante : des communes, enclavées, demeurent exclues du zonage alors qu’elles présentent des caractéristiques similaires à leurs voisines. Au nom du Conseil de l’agriculture française (CAF) départemental, qui regroupe le syndicalisme majoritaire, la Chambre d’agriculture et la coopération, j’ai sollicité un rendez-vous d’ici fin août avec le ministre afin de trouver une solution. La bataille n’est pas terminée.

Christian Mazas,
Président du Caf Haute-Garonne

22 juin 2018

L’agriculture prend l’eau

Les conditions météo très humides des derniers mois n’ont échappé à personne.

Ni aux éleveurs, qui n’ont pas pu réaliser les récoltes de fourrages dans de bonnes conditions. Des baisses en rendement et en qualité sont prévisibles. Dans un contexte déjà compliqué, les granges ne seront pas pleines à l’automne prochain au moment de rentrer les bêtes, obligeant les éleveurs à s’approvisionner ailleurs pour compléter le fourrage sec manquant.

Ni aux céréaliers, viticulteurs, maraîchers et arboriculteurs : entre les maladies et les très fortes pertes de rendement, les productions végétales prennent aussi l’eau ! Dans ces temps difficiles, la Chambre d’agriculture part à leur rencontre lors de 4 réunions sur le département, pour répondre aux multiples questions que se posent légitimement les agriculteurs. L’objectif est de les accompagner en leur d’apportant un maximum d’éléments de réponse aussi bien d’un point de vue réglementaire que technique. Et si ces conditions climatiques hors du commun mettent en lumière la pertinence d’outils tels que les assurances « aléas climatiques », seules des indemnisations à la hauteur des pertes réelles permettront leur développement.

Yvon Parayre
Président de la Chambre d’Agriculture Haute-Garonne

8 juin 2018

Non à ce jeu de dupes !

Alors que le projet de loi Agriculture et Alimentation vient d’être adopté en première lecture par les députés, l’heure est à l’incompréhension. D’un côté, ce projet instaure un nouveau code de la route plus favorable à  une négociation des prix qui tienne compte des coûts de production des agriculteurs. Les garanties offertes par la construction du prix vont dans le bon sens. Mais avant même d’en percevoir une traduction concrète, de nouvelles charges sont déjà annoncées (hausse des taxes sur les produits  phytos, séparation du conseil et de la vente,…), nous empêchant d’être compétitifs sur le marché mondial. On nous demande de garantir une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, et dans le même temps le Gouvernement laisse négocier des accords commerciaux avec des pays  qui ne partagent pas nos exigences sociales, environnementales et sanitaires. Vers où ce Gouvernement veut conduire l’agriculture française ? À peine nous donne-t-il des perspectives qu’il les ruine en nous imposant une compétition déloyale. Pour obtenir enfin des lignes claires, le réseau FDSEA 31 s’associe à la mobilisation nationale de la FNSEA et des JA qui commence dimanche 10 juin. Nous refusons ce jeu de dupes dans lequel nous sommes tous trompés, consommateurs comme agriculteurs.

Christian MAZAS,
Président FDSEA31

25 mai 2018

Le département bientôt en zone intermédiaire ?

Après le travail important de la profession pour faire reconnaître le département en zone défavorisée, la Chambre d’agriculture et nos administrateurs locaux au sein de l’AGPB se mobilisent depuis 2016 pour la reconnaissance en zone intermédiaire. La démarche vise à caractériser la faiblesse des rendements en grandes cultures de nos régions par rapport aux rendements nationaux en raison d’un contexte pédoclimatique défavorable mais aussi pour des raisons structurelles. Cette reconnaissance permettrait un accompagnement spécifique et l’accès prioritaire à des financements supplémentaires autour de projets structurants pour le secteur des grandes cultures (par exemple, +10 à 20 % de Feader qui s’ajouteraient aux financements déjà existants). Reconnue légitime par la préfecture, la demande n’a pas été validée par le ministère pour le moment. Mais une porte semble s’ouvrir. Le ministre Stéphane Travert a annoncé, au dernier congrès annuel de la FNSEA, qu’une étude sur l’avenir des zones intermédiaires allait être lancée. Cette étude concernera 25 départements suivant une ligne entre la Rochelle et Strasbourg et quelques-uns situés dans le Sud-Ouest. Le diagnostic est en cours. Alors que la restriction drastique des phytosanitaires sans alternative crédible se profile, cumulée à une augmentation de la redevance phytos, il est urgent de faire reconnaître notre département pour tenter d’amortir ces hausses de charges qui mettent en péril la filière céréalière régionale.

Yvon Parayre

Administrateur AGPB

11 mai 2018

Quel avenir pour la Pac ?

La Commission européenne veut réduire (encore) le budget dédié à l’agriculture et au développement rural de 5 %. Il faut croire que les baisses successives déjà enregistrées ne suffisaient pas.
Croire aussi que les nombreux efforts déjà réalisés par les agriculteurs dans leurs pratiques n’avaient  servi à rien. Croire surtout que les producteurs et paysagistes du territoire que nous sommes ne servent plus à rien.
Volatilité des prix, aléas climatiques, nécessité de structurer les filières, vieillissement de la population… voilà les menaces grandissantes qui pèsent sur le monde agricole ! Quelles perspectives peut avoir un jeune qui s’installe dans ces conditions ?
Ce manque d’ambition est inquiétant. Il n’est pas à la hauteur des enjeux de sécurité alimentaire et du maintien du développement des exploitations familiales. Ce niveau budgétaire aboutira à la concentration des surfaces agricoles et à la fragilisation des systèmes agronomiques ! Ce n’est pas comme cela que nous envisageons l’avenir de nos territoires ruraux, sur lesquels des agriculteurs vivent de leur métier et investissent pour l’avenir.

Jonathan Izard,
Président JA31