Mot d’humeur

12 octobre 2018

En 50 ans, le lycée de Toulouse-Auzeville a formé des générations de jeunes à l’agriculture et au vivant. Nous sommes nombreux à être passés sur ces bancs et à avoir pu apprécier la qualité des équipes pédagogiques et la diversité des enseignements. Fils ou fille d’agriculteurs, ou citadins pure souche, jeune comme adulte, nous avons tous été accueillis et élevés au rang de spécialistes des sciences vertes. Depuis 50 ans, le lycée d’Auzeville, comme beaucoup l’appellent encore – s’est transformé en Cité des Sciences vertes. Ce changement de dénomination montre comment
l’établissement a su évoluer et s’adapter au gré des mutations du monde qui l’entoure. Il s’est impliqué dans de nouvelles pratiques comme en témoignent la création de la plate-forme agroécologique et du magasin de produits fermiers en appui de l’exploitation. Ce souci constant de
rester connecté aux préoccupations des professionnels permet à l’établissement de présenter une offre de formation pertinente et des projets multiples et innovants, à l’image de l’agriculture d’aujourd’hui. La Cité des sciences vertes est une chance pour notre territoire. Avec l’ensemble du conseil d’administration, je souhaite aux élèves comme aux équipes pédagogiques que les 50 prochaines années soient encore riches d’épanouissement et de réussite dans leurs projets.

Yvon Parayre,
président du conseil d’administration de la Cité des Sciences vertes

28 septembre 2018

Samedi 15 septembre dernier, les échanges verbaux entre Emmanuel Macron et un jeune en recherche d’emploi dans notre branche d’activités ont mis en lumière l’horticulture. Malheureusement, pas de la façon la
plus positive qui soit. Les images qui que nous n’offrons aucun débouché. Or, le secteur horticole cherche des salariés, motivés et prêts à accepter les contraintes du métier, et n’arrive pas à pourvoir tous les postes disponibles.
Oui, l’horticulture est un secteur qui embauche, comme la restauration et les travaux publics. Notre activité saisonnière nous impose de recourir fréquemment à des CDD et des emplois saisonniers, qui constituent un vivier d’employés de valeur quand il s’agit d’embaucher de façon plus pérenne. Aussi, l’annonce du Premier ministre de supprimer  purement et simplement le TO-DE, dispositif d’allégement des charges des employeurs saisonniers, n’a aucun sens. Elle va à l’encontre de la viabilité économique de nos entreprises. Cette charge supplémentaire ne va qu’accentuer les écarts de coût du travail avec les autres pays européens. Cela n’est pas acceptable. Ni pour nos entreprises, ni pour les jeunes qui cherchent à travailler et s’épanouir dans l’horticulture.

Dominique Boutillon
Présidente déléguée FNPHP, Horticultrice à Saint-Geniès-Bellevue

13 septembre 2018

L’édition 2018 des Pyrénéennes va offrir à l’élevage une vitrine incomparable avec 1.400 animaux attendus sur un site de 35 hectares. Pendant trois jours, c’est tout le savoir-faire exceptionnel des éleveurs qui sera mis en avant lors des concours, ventes et présentations d’animaux. Un savoir-faire qui dépasse le simple cadre du salon : sans éleveurs, adieu nos beaux paysages qui séduisent tant de touristes et tout la vie économique induite. Pourtant, ce rôle est méconnu, trop peu pris en considération par nos concitoyens. Les difficultés économiques des éleveurs, et des agriculteurs en général, sont bien réelles. Les prix ne couvrent pas toujours les charges. Et la recherche d’une meilleure valorisation, grâce notamment aux outils départementaux que sont la plateforme Produit sur son 31, le Drive fermier et Engraiss’périence, reste le fil rouge des filières animales. Mais le manque de considération et les critiques dont nous sommes victimes accentuent le sentiment de rejet ressenti par bon nombre d’entre-nous. C’est d’ailleurs avec cette envie de rapprocher l’agriculture des citoyens et consommateurs et de valoriser l’élevage que Jean De Galard, en tant que président de Chambre d’agriculture, avait imaginé et lancé les premières Pyrénéennes. La fête va durer trois jours. Profitons de cette opportunité pour remettre les éleveurs à leur juste place, comme le montre ce numéro spécial que toute l’équipe du Tup a pris un plaisir particulier à préparer. Bonne lecture à vous tous, profitez bien de ces Pyrénéennes 2018.

Yvon Parayre
Gérant du Trait d’union paysan

31 août 2018

Festivités et plan d’urgence

Cette année encore, les agriculteurs ont profité de la saison estivale pour communiquer et faire connaître les productions locales au cours des nombreuses animations organisées sur l’ensemble du département. Ces festivités offrent de formidables opportunités d’aller à la rencontre des consommateurs, qu’ils soient touristes de passage ou habitants du territoire, et de partager des moments gourmands en toute convivialité. Des moments précieux pour le moral dans un contexte de crise généralisée. Les conditions climatiques catastrophiques rencontrées ce printemps ont conduit à des pertes de récolte très importantes, tant en quantité qu’en qualité.

Pour la quatrième année consécutive, alors que les deux tiers des agriculteurs du département enregistrent un revenu négatif ou nul, cette campagne va être désastreuse pour les trésoreries. À situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles : c’est pourquoi la Chambre d’agriculture a demandé l’adoption d’un plan d’urgence, pour accompagner l’agriculture départementale et ne pas la laisser seule face à un désarroi généralisé.

Yvon Parayre
Président de la Chambre d’Agriculture Haute-Garonne

20 juillet 2018

Carton jaune

Petit coup d’oeil dans le rétroviseur sur le dossier des zones défavorisées : en décembre dernier, le projet de carte publié excluait 230 communes de Haute-Garonne sur les 400 anciennement classées, alors même que le revenu par agriculteur est l’un des plus faibles de France.

Face à cette injustice pour les agriculteurs de notre département, les organisations professionnelles ont proposé un critère lié au morcellement des parcelles et à la présence de haies afin de permettre l’intégration de communes dans le zonage. Grâce à la prise en compte de ce critère, plusieurs communes ont été récupérées.

Malgré tout, la dernière carte présentée avec l’application de l’homogénéité territoriale reste insatisfaisante : des communes, enclavées, demeurent exclues du zonage alors qu’elles présentent des caractéristiques similaires à leurs voisines. Au nom du Conseil de l’agriculture française (CAF) départemental, qui regroupe le syndicalisme majoritaire, la Chambre d’agriculture et la coopération, j’ai sollicité un rendez-vous d’ici fin août avec le ministre afin de trouver une solution. La bataille n’est pas terminée.

Christian Mazas,
Président du Caf Haute-Garonne