L’utilitaire, un achat judicieux

À Merville, près de Toulouse, Antonin Marty a récemment acquis un camion à groupe frigorifique porte-viande. Si celui-ci vise à faciliter le transport de produits fermiers, il permet aussi de réduire la pénibilité.

Antonin Marty s’est installé sur la ferme familiale en février 2011. Créée dans les années 1970 par ses parents, celle-ci est aujourd’hui tournée vers l’élevage et les grandes cultures. « Nous élevons des volailles de chair – 12 000 à l’année, des poulets, pintades, des oies blanches, des dindes, canette à rôtir et poulardes – ainsi que des porcs (près de 200 ans par an). Nous cultivons également du colza, de l’orge, du blé tendre, de la féverole ainsi que du maïs. A part le colza, on garde un peu tout car nous fabriquons les aliments à la ferme. Nous essayons d’éviter les intermédiaires au maximum », explique-t-il volontiers. Une stratégie qui est également de mise en ce qui concerne la commercialisation des produits.

La vente directe, une valeur ajoutée

« La vente directe nous permet de mieux valoriser les produits. Avec la population dans notre village, nous ne pouvions pas faire un élevage plus important. La terre, ce n’est pas non plus très rémunérateur pour nous. Alors on sécurise et on ne subit pas les cours du marché  », précise encore Antonin Marty. Dès lors, il a fallu s’équiper. Il y a deux ans, l’entreprise familiale a même réalisé un investissement de 350 000 euros dans de nouveaux bâtiments (salle de découpe, stockage…).

Et si le bâtiment compte également un espace de vente, les exploitants n’hésitent aussi point à vendre leurs produits sur des marchés hebdomadaires locaux. « On aime discuter avec le client, dire ce que l’on fait et comment on le fait. C’est aussi important de savoir où vont nos produits. Quand on livre quelque chose à la coopérative, on ne le sait pas. J’aime savoir pourquoi et pour qui je fais les choses », ajoute le jeune homme.

Réduire la pénibilité

Les marchés ne sont situés qu’à 15 ou 20 minutes de la ferme. Pour autant, la gestion du froid est une problématique qui est prise très au sérieux. « Pour la vente face au client, nous possédons deux remorques réfrigérées. Le client veut voir ce qu’il achète », relate encore Antonin Marty. Il faut dire que l »utilitaire est davantage destiné au transport des denrées. Et avec les va-et-vient pour satisfaire le client, la chaîne du froid ne serait pas forcément respectée sur les marchés.

« Lorsque nous ne faisions que des volailles, nous avions un fourgon et on utilisait des glacières. Quand nous avons commencé l’élevage de porcs, il y a deux ans, nous avons acheté un camion frigorifique – un utilitaire Renault Master DCI 120 – avec un chariot. Mais ce n’était pas pratique pour aller chercher les carcasses à l’abattoir, nous étions limités à 2 ou 3 », raconte-t-il. Fin 2018, l’exploitation a ainsi opté pour un utilitaire châssis cabine porte-viande (Nissan Atleon, 3,5 tonnes). Lequel est donc équipé d’une caisse frigorifique. Cet utilitaire possède par ailleurs des équipements spécifiques pour le transport de quartiers. « Il y a deux rangées de crochets et deux rails. Cela nous permet de nous brancher aux rails de l’abattoir, mais aussi à ceux que nous avons dans nos locaux », précise le jeune exploitant. Un autre investissement dont il est particulièrement satisfait. Car outre répondre à des enjeux logistiques, il contribue à réduire également la pénibilité. Un but recherché. « Cela évite de porter du poids. Un utilitaire de ce type vaut entre 20 000 et 25 000 euros. Je l’ai acheté d’occasion, à environ 10 000 euros près de Lyon. La caisse était propre, nous avons repeint le châssis et changé la cabine. J’en suis content », lâche-t-il enfin.

Aurélien Tournier

Réglementation sanitaire : une obligation de résultat
Dans le cadre de la réglementation sanitaire des aliments, une souplesse est accordée pour les petits producteurs agricoles. Il est en effet possible de déroger au transport réfrigéré par du transport isotherme. « Celui-ci est valable dans un rayon de 80 kilomètres, avec des délais dits raisonnables. La responsabilité du transporteur est engagée, il doit assurer le transport des aliments dans de bonnes conditions, il y a une obligation de résultat », précise Frédérique Reulet, conseillère diversification au sein de la Chambre d’agriculture de la Haute-Garonne.

Auteur de l’article : Aurélien Tournier

Journaliste.