Système U rencontre des éleveurs de Cœur de Gamme

Par Sébastien Garcia • 24 mar, 2017 • Catégorie: A LA UNE, Bovins Viande, Economie, Elevage, Galeries photos, Vie locale

Système U a été le premier groupe de distribution à s’engager dans la démarche Cœur de Gamme, en signant une charte avec la FNB dès le 1er juin 2016, à Paris. Depuis, Leclerc Carrefour, Auchan et Casino ont rejoint la démarche. Si ces enseignes s’impliquent à des niveaux divers dans sa mise en œuvre, Système U souhaite faire de Cœur de Gamme un élément clé de sa communication grand public. Mais la signature de la charte par l’enseigne n’a qu’une valeur incitative. « Les gérants de magasins U sont tous des indépendants », souligne Michel Bourbon, directeur d’un Super U dans l’Ardèche. « Chacun est donc libre de s’engager ou non dans la démarche. Actuellement, environ 50 magasins sur les 220* du territoire « Système U Sud » sont d’ores et déjà lancés. Mais ce mouvement va prendre de l’ampleur. » De fait, la communication interne se met en place et l’enseigne s’est associée à la Fédération Régionale Bovine (FRB) et à Jeunes Agriculteurs Occitanie, qui proposent aux distributeurs des journées de rencontres entre éleveurs et directeurs de magasins.

Trouver un juste équilibre dans les relations

bovin viande, Cœur de gamme, élevage, Étienne Sassé, FRB, Interbev, JA Occitanie, Jean-François Fournès, Grégory Vouters, Patrick Davezac, Serge Bouscatel, Super U, Système U, Didier Codecco, Michel Bourbon, Bernard Malabirade, Produit sur son 31, circuits courts, grande distribution, Trait d'union paysan, tup, tup31, élevage, céréales, viticulture, vaches, bovins, Toulouse, ovins, lait, viande, chevaux, brebis, chèvres, environnement, paysans, Haute-Garonne, chambre d'agriculture, agriculture, photos ©Sébastien Garcia

Renouer des liens entre producteurs et distributeurs, tel était l’objectif de la FRB et des JA d’Occitanie.

Ils étaient une trentaine de directeurs de magasins U et responsables de boucheries de la région toulousaine à venir dans le Lauragais, ce 14 mars dernier. La journée a débuté à Maureville, par la visite de l’élevage de Didier Codecco. Pendant près de deux heures, cet éleveur de veaux fermiers a présenté avec passion son métier, ses pratiques, mais aussi ses contraintes et problématiques. Pour beaucoup de participants, c’était une première. « Il y a  encore quelques années, on ne se parlait pas, ou alors en termes peu élogieux », reconnaît Michel Bourbon. « Aujourd’hui, nous apprenons à nous connaître et à comprendre nos problèmes respectifs. Nous sommes de plus en plus attentifs à ce qui se passe dans le monde agricole. Nos magasins sont principalement en zones rurales, nous avons donc des problématiques et des contraintes similaires. Ce type de journée est très important pour créer des liens entre les éleveurs et nous. Une première rencontre a déjà eu lieu il y a un mois, à Lodève. D’autres sont prévues en Rhône-Alpes et en PACA. C’est comme cela que nous pourrons trouver un juste équilibre dans nos relations. »

Des consommateurs réceptifs

Après un copieux déjeuner comprenant de la viande bovine issue du magasin U de Martres Tolosane (encadré ci-dessus), le groupe s’est rendu au Super U de Villefranche de Lauragais. Il s’agissait, pour les responsables de magasin, de comparer les carcasses de type « standards » et « Éleveur & Engagé » dans les chambres froides de l’enseigne et de voir comment la démarche Cœur de Gamme est mise en œuvre localement. Avec quelques mois de recul, il semble que les clients adhèrent au projet dans les magasins participants. « L’accueil est en général très positif », poursuit Michel Bourbon. « Ce travail commun et cette signature conjointe ont un côté rassurant pour nos clients. Côté prix, le surcoût de l’ordre d’un euro supplémentaire pour l’éleveur n’est pas répercuté au consommateur. Certes, c’est un effort de notre part, mais dans ce contexte de baisse de consommation de viande, éleveurs et distributeurs doivent en faire pour fidéliser la clientèle autour de produits de qualité qui font vivre le territoire. » Un discours que ne pouvait qu’approuver Bernard Malabirade, éleveur gersois et membre du bureau de la FRB. Les échanges avec les équipes de Système U Sud lui donnent espoir de voir se généraliser les contacts entre ces deux mondes. « De la viande, on en trouve plein sur le marché », estime-t-il. « Faire un coup de com’ ponctuel sur du local, tout le monde sait faire. Mais tisser un lien fort entre les hommes pour qu’ils s’engagent dans la durée, voilà ce qui compte vraiment. Nous avons, au final, un but identique : amener aux consommateurs un produit de qualité, à un prix qui permette à chacun de vivre de son métier et se construire ensemble un lendemain. »

* Système U Sud représente 195 associés pour 220 magasins, avec 587.000 m² de surface commerciale répartis en 13 hypermarchés, 161 supermarchés et 46 U Express.

 

Le local, ça marche
Grégory Vouters exploite un Super U à Martres-Tolosane, entre Toulouse et St-Gaudens. Patrick Davezac est éleveur de limousines à Montastruc-Savès (canton de Cazères). Tous deux se sont connus en 2013, via la plateforme d’approvisionnement local Produit sur son 31. Convaincu depuis longtemps qu’il faut valoriser les productions du territoire, Grégory Vouters n’achète plus, depuis cette date, que des races à viande pour son rayon boucherie traditionnelle.

bovin viande, Cœur de gamme, élevage, Étienne Sassé, FRB, Interbev, JA Occitanie, Jean-François Fournès, Grégory Vouters, Patrick Davezac, Serge Bouscatel, Super U, Système U, Didier Codecco, Michel Bourbon, Bernard Malabirade, Produit sur son 31, circuits courts, grande distribution, Trait d'union paysan, tup, tup31, élevage, céréales, viticulture, vaches, bovins, Toulouse, ovins, lait, viande, chevaux, brebis, chèvres, environnement, paysans, Haute-Garonne, chambre d'agriculture, agriculture, photos ©Sébastien Garcia

Etienne Sassé (produit sur son 31), Patrick Davezac et Grégory Vouters, trois échelons d’une filière qui vise la qualité au meilleur prix

« Je suis déjà largement dans les clous pour Cœur de Gamme », sourit-il. « Je suis venu aujourd’hui pour convaincre mes collègues qu’on peut créer et partager de la Valeur Ajoutée pour toute la filière. Chez moi, le rayon boucherie progresse chaque année depuis qu’on travaille avec les éleveurs locaux. Les clients s’y retrouvent sur la qualité, le goût, mais aussi le prix, qui reste cohérent. On voit que les consommateurs préfèrent maintenant acheter moins, mais de meilleure qualité. »

Une qualité qui se recherche aussi et surtout dans le contact. Alors qu’il y a 10 ans, la grande distribution jugeait les rayons traditionnels ringards et ne jurait que par le libre-service, aujourd’hui, c’est machine arrière toute. La recette, c’est d’une part un produit « marketé » pour que le client puisse facilement identifier d’où vient la vache, qui est son éleveur et comment il travaille. Et c’est surtout un boucher. Il n’y a pas un magasin aujourd’hui qui ne songe à en remettre un dans ses rayons. « J’ai des contacts réguliers avec celui de Martres », précise Patrick Davezac. « Avec Grégory Vouters, il vient aussi aux concours animaux de la région et sait donc répondre aux questions des consommateurs. C’est lui qui saura le mieux « vendre » la démarche Cœur de Gamme à sa clientèle et la fidéliser. »

L’éleveur et deux autres de ses collègues qui travaillent avec le Super U passent enfin régulièrement pour faire une animation en magasin. Résultat ? Une vache par semaine depuis 4 ans…

Marqué comme: , , , , , ,