Syppre: Innover pour plus de fertilité et moins d’érosion des sols

Par Sébastien Garcia • 8 juin, 2017 • Catégorie: A LA UNE, Economie, Environnement, Galeries photos, Grandes Cultures
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Les représentants des 3 instituts techniques et de nombreux professionnels du monde agricoles avaient fait le déplacement

Tester des systèmes de culture innovants et les comparer aux pratiques actuelles, pour aider les agriculteurs à choisir les plus performants et les moins dépendants des intrants et des aléas. C’est l’ambition que partagent trois instituts techniques agricoles (Arvalis-Institut du végétal, l’Institut Technique de la Betterave et Terres Inovia) avec le projet Syppre. « Il s’agit de construire ensemble les systèmes de culture de demain », indique Yvon Parayre, Président de la Commission d’Orientation Professionnelle d’Arvalis Occitanie. « Pour ce faire, nos instituts ont mis en place cinq plateformes prospectives en France*. » Alliant agronomie et écologie, les expérimentations conduites jusqu’en 2025 sont établies à partir d’une démarche de co-conception, qui implique organismes de recherche, agriculteurs et acteurs régionaux. Le 31 mai dernier, plus d’une centaine de personnes étaient venues assister à l’inauguration de la plateforme de Montesquieu-Lauragais, sur le site de la Ferme d’En Crambade.

Le défi de l’agriculture de coteaux non irriguée

« La reconquête de la performance économique de nos exploitations combine productivité à l’hectare, qualité des productions et débouchés », déclarait en introduction Jean-Jacques Ramade, administrateur de la FOP* et agriculteur voisin de la ferme d’En Crambade. « Pour cela, nous devons trouver des solutions adaptées aux spécificités de chaque terroir. C’est là que Syppre prend tout son sens. » De fait, la plateforme de Montesquieu-Lauragais se situe en zone de coteaux, avec des sols argilo-calcaires sensibles à l’érosion. Un contexte où l’irrigation n’est pas possible, alors que les déficits hydriques sont fréquents. Le nouveau système de production étudié devra donc améliorer la fertilité du sol, en même temps que la productivité et la rentabilité. Pour ce faire, le système cultural étudié dans cette zone fait appel à une série de leviers clés : allongement et diversification de la rotation ; introduction de légumineuses en culture principale, en culture associée et en interculture pour apporter de l’azote au système ; mise en place d’un couvert permanent pour simplifier le travail du sol, introduction de cultures de printemps à faible exigence en intrants ; choix de séquences culturales permettant de produire trois cultures en deux ans ; choix de la culture suivante pour valoriser l’azote des légumineuses et valorisation de l’interculture pour produire de la biomasse exportée ou restituée au sol. « L’introduction de légumineuses est une solution pour gagner en compétitivité et en robustesse économique », ajoutait Yvon Parayre. « Mais elle nécessite des observations très approfondies pour vérifier dans quelles conditions les légumineuses apportent les meilleurs bénéfices. Ce projet Syppre doit justement nous permettre de répondre à un triple objectif : maximiser la production tout en respectant les critères de qualité exigés par les marchés ; garantir la rémunération du travail et du capital investi et, enfin, diminuer les impacts environnementaux de nos pratiques et faire face aux défis climatiques. »

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Techniciens et agriculteurs attendent beaucoup des expérimentations menées sur la Plateforme Syppre (retrouvez le diaporama de l’évènement en cliquant sur la photo)

Les agriculteurs au cœur du processus

Le projet Syppre repose sur une méthode originale qui combine observatoires, plateformes expérimentales et réseaux d’agriculteurs. L’observatoire suit l’évolution des pratiques et des performances des systèmes de production actuels. Il est fondé entre autres sur des enquêtes auprès d’agriculteurs répartis à travers toute la France. Les plateformes offrent la possibilité de mettre à l’épreuve du terrain des systèmes de culture innovants et de définir des pratiques et des stratégies originales. Enfin, les agriculteurs testent les systèmes étudiés sur les plateformes et amènent un regard critique pour les améliorer ou les faire évoluer. Ils se sont d’ailleurs impliqués dès le début du projet, aux côtés des experts des différents organismes experts***. Ils participent ainsi à l’innovation et jouent à la fois le rôle de miroir, d’évaluateur et de porte-parole du projet.

La visite de la parcelle expérimentale de Viellevigne (voir ci-dessous) qui a suivi l’inauguration montrait que le système de production retenu dispose d’un réel potentiel, mais que sa mise en œuvre nécessite encore beaucoup d’ajustements pour prétendre remplacer le système blé dur/tournesol, majoritaire sur ce terroir. Des défis qui ne font que motiver davantage les partenaires engagés autour de Syppre. Véritable mine d’informations, les enseignements issus de la plateforme et des réseaux d’agriculteurs seront disponibles entre autre via des visites organisées, des réunions d’information, etc., et contribueront à alimenter les préconisations régionales des instituts et des partenaires. « N’hésitez pas à passer », insistait Jean-Luc Verdier d’Arvalis, qui menait la visite. « Que vous soyez étudiants, techniciens ou agriculteurs, Syppre est un projet ouvert à tous et un lieux d’échanges. »

 

* Ces plateformes expérimentales sont implantées dans 5 milieux agricoles contrastés de grandes cultures : limons profonds de Picardie, terres de craie de Champagne, argilo-calcaires superficiels du Berry, argilo-calcaires des coteaux du Lauragais et terres humifères du Béarn.
** Fédération des producteurs d’Oléagineux et de Protéagineux
*** Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie, Chambre d’agriculture de la Haute-Garonne, Conseil départemental de la Haute-Garonne, Agro d’Oc, Arterris, Val de Gascogne, Lycée de Toulouse-Auzeville, Arvalis-Institut du végétal, Institut Technique de la Betterave, Terres Inovia

 

 

Les attendus du projet Syppre
  • Gain de productivité jusqu’à +10 % par ha
  • Diminution de 10 à 40 % des intrants
  • Diminution de 10 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre
  • Gain de 1 à 4 pour mille par an de carbone dans le sol

 

Une plateforme expérimentale en conditions agricoles réelles

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Retrouvez la plaquette technique de la Plateforme Lauragais en cliquant sur ce graphique

Située sur la commune de Vieillevigne, à proximité de la station inter-instituts de Baziège/En Crambade, la plateforme expérimentale du projet Syppre s’étend sur 5 hectares. Elle permet de tester un système témoin, qui correspond à un système de culture blé dur/tournesol optimisé, ainsi qu’un système innovant prometteur, tous deux étant conduits sans irrigation.

Chacune des cultures des deux systèmes est présente chaque année. Le dispositif compte 10 modalités, avec 2 répétitions pour chaque terme de la rotation, soit 20 parcelles. Les travaux sont réalisés par un agriculteur, appuyé par les expérimentateurs des instituts, avec un parc de matériel proche de celui d’une exploitation agricole.

Des essais analytiques complémentaires sont menés en parallèle, sur site ou à proximité, pour mettre au point des techniques innovantes immatures ou lever des interrogations sur les systèmes étudiés. La plateforme est un support pour des projets de recherche dans un esprit d’innovation ouverte.

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