St Clar s’ancre toujours plus dans son territoire

Publié le 19 octobre 2014

De l’aveu même de ses habitants, St Clar de Rivière est un petit village tranquille. Très tranquille. Et pourtant, il peut s’enorgueillir d’abriter non plus un mais désormais deux magasins de produits fermiers. Ce samedi matin 27 septembre 2014, la Boucherie des Éleveurs du Savès, dont nous avons parlé à plusieurs reprises dans nos pages, fêtait ses 15 ans d’existence. Et ce juste en face de l’épicerie « Au cœur d’artichaut », qui elle inaugurait sa boutique dédiée aux produits fermiers locaux. Deux magasins au fonctionnement différent, mais qui se complètent parfaitement et sont en passe d’inscrire St Clar comme un haut lieu de la gastronomie du terroir.

Producteurs impliqués…

C’est à la bonne franquette que les producteurs du GIE du Savès ont célébré leur 15ème anniversaire. Au terme d’une semaine commerciale qui a remporté un franc succès, ils ont tout simplement sorti une plancha sur la Grand Place pour proposer une dégustation aux passants. La date n’avait pas été choisie au hasard. Ce jour-là, en effet, le Foyer Rural de St Clar avait organisé une randonnée du patrimoine qui s’achevait sur la place où les attendait un marché de producteurs. C’est donc dans une ambiance des plus détendues et champêtres que la dégustation des viandes de la Boucherie du Savès s’est muée en pique-nique pour les randonneurs. Une occasion de plus pour ses éleveurs de faire connaître la boucherie-charcuterie et d’échanger avec le public sur leur métier. Regroupant sept agriculteurs associés* et employant deux bouchers à plein temps, le magasin s’est progressivement imposé dans le paysage local et démontré l’intérêt de ce système de vente directe au consommateur. Outre une meilleure valorisation par la vente sans intermédiaire, les permanences hebdomadaires que tient chacun des associés depuis le début ont permis de renouer le contact avec des clients de plus en plus éloignés du monde agricole. Par contre, la forme juridique du GIE qu’ils ont adoptée ne les autorise à ne commercialiser que les produits issus de leurs exploitations. C’est précisément sur ce créneau de l’achat-revente que l’épicerie « Au Cœur d’Artichaut » s’est engouffrée, venant ainsi compléter l’offre en produits locaux de qualité.

… et revendeuse passionnée

C’est le goût du contact humain qui la fait courir. Delphine Maubert est une autodidacte, qui s’est formée « sur le tas » pendant 20 ans, dans un magasin primeur à l’aéroport de Roissy. Arrivée en Haute-Garonne il y a 7 ans, elle a écumé les marchés et foires agricoles, pour aller à la rencontre de producteurs locaux. « J’ai réalisé qu’il y avait de très beaux produits par ici », explique-t-elle. « Mais j’ai aussi vu que beaucoup de producteurs sont isolés et n’ont pas la possibilité de faire connaître leurs produits, à moins de multiplier les marchés. » Ayant ses parents dans le Périgord, e

Delphine Maubert cherche des producteurs souhaitant vendre leurs produits dans son magasin.
Delphine Maubert cherche des producteurs souhaitant vendre leurs produits dans son magasin.

lle y a vu beaucoup d’épiceries de producteurs. C’est ainsi que l’idée de créer sa boutique de produits fermiers a germé doucement. En parallèle d’un emploi « alimentaire », elle a ainsi passé ces dernières années à affiner son projet, rencontrer un maximum de producteurs, avant de se décider à franchir le pas.

Il lui faudra 6 mois pour trouver le lieu idéal. Venue voir la Boucherie de St Clar dont elle souvent entendu parler, elle découvre que le local en face était à louer. Il ne fallait pas manquer l’occasion et le projet se concrétise. En même temps qu’elle aménage sa boutique, Delphine Maubert intensifie sa recherche de producteurs. « J’ai besoin d’aller voir sur place comment sont élaborés les produits que je vends », insiste-t-elle. « Je tiens à faire le lien entre les producteurs et les consommateurs. Je me dois donc de pouvoir répondre aux questions de mes clients. »

Épicerie cherche producteurs

Le principal problème de Delphine Maubert est qu’elle travaille seule. Pas facile, dans ces conditions, de prospecter des agriculteurs et trouver de nouveaux produits. Pas question également d’aller récupérer la marchandise chez chaque producteur. Elle doit impérativement être livrée. Pour les fruits et légumes, elle s’est donc tournée vers la plateforme Produit sur son 31. Mais elle ne désespère pas de trouver des maraîchers proches du magasin. « Je consacre ma seule journée de repos à prospecter dans les environs », poursuit-elle. « C’est toujours assez compliqué de concilier mon agenda avec ceux des producteurs, qui ont le nez dans le guidon eux aussi. Mais je compte sur le bouche-à-oreille pour me faire connaître et faire savoir que je suis toujours en recherche de produits locaux. » Delphine reste d’ailleurs ouverte à toutes propositions. Dans sa jolie boutique, on trouve ainsi, en plus des fruits et légumes, des fromages, yaourts et même cafés du Comminges, des plats cuisinés de Revel, de la bière de Bérat, des bonbons et du savon au lait d’ânesse, des sirops, des tisanes… À l’écoute des besoins de ses clients, elle a également ajouté un espace de produits de consommation courante. Ce n’était pas prévu, mais les habitants avaient besoin d’une solution de dépannage dans le village. Et s’ils viennent pour acheter une canette de Coca ou un rouleau de scotch et qu’ils repartent avec des produits du terroir qu’ils ne connaissaient pas, tout le monde y gagne…

Delphine Maubert est donc gonflée à bloc. Le démarrage de l’épicerie s’est très bien passé et les retours des clients, particulièrement positifs. « J’ai été très bien accueillie », termine-t-elle. « Les gens de la Boucherie du Savès n’y sont pas étrangers. Les éleveurs comme les bouchers sont tous venus se présenter et me souhaiter la bienvenue, à l’ouverture. Et je sais qu’ils m’envoient des clients de chez eux. Il y a un bon esprit et je suis ravie de participer à redynamiser la vie d’un village. »

 

 

Auteur de l’article : Sébastien Garcia