L’ACVA de Salies à la rescousse

Publié le 27 octobre 2011

Soulagement pour les éleveurs du Comminges. Sur le canton de Salies-du-Salat, malgré le printemps sec, l’été pluvieux qui a suivi a permis de faire plusieurs bonnes coupes mais aussi de garder plus longtemps les animaux sur les prairies. Mais si les administrateurs de l’ACVA de Salies reconnaissent qu’ils ont évité le pire, ils savent aussi que nombre d’éleveurs d’autres régions n’ont pas eu cette chance.

Solidaires des collègues

« Lors d’un Conseil d’Administration de l’ACVA, on s’est demandés ce qu’on pourrait faire pour nos collègues des zones sinistrées par la sécheresse », explique Patrick Pintat, son Président. Après plusieurs années de crise, les éleveurs du Comminges sont pourtant loin de rouler sur l’or. Sachant que les petits ruisseaux font les grandes rivières, pourquoi ne pas demander à chaque éleveur de donner un peu de son foin. « On voulait vraiment que ce soit gratuit mais que ce ne soit pas trop lourd financièrement pour les adhérents de l’ACVA », précise Patrick Pintat. « C’est comme ça qu’on a commencé à prospecter dans le canton de Salies et la Vallée de l’Arbas pour voir si chacun pouvait céder 1 à 3 boules de foin. »

Dans le même temps, l’ACVA a recherché, via le réseau des Chambres d’Agriculture, des structures susceptibles d’organiser l’opération et de recenser les besoins des éleveurs les plus démunis. La Chambre d’Agriculture de Lozère a rapidement répondu. Sévèrement touché par la sécheresse, le département souffre toujours d’une grave pénurie de fourrages.

Organisation simple et efficace

Une poignée d’administrateurs de l’ACVA et Charline Bouchet, conseillère agricole de Salies, ont alors pris les choses en main pour régler les détails de l’opération. « Nous avons envoyé un courrier aux éleveurs du secteur leur présentant notre projet », poursuit Patrick Pintat. « Je tiens à souligner que les retours ne se sont pas faits attendre. On a très vite trouvé près de 70 éleveurs prêts à donner un peu de leur foin. L’élan de solidarité était réel, nous n’avons fait aucune relance. » Du côté de la Lozère, une bonne nouvelle tombait également : la Chambre d’Agriculture et le Conseil Général du département ont accepté de prendre en charge les frais de transport. Restait à mettre sur pied le ramassage et l’expédition. Les boules offertes ont été regroupées sur deux sites, à Mane et Saint-Martory. Ceux qui pouvaient amener leur foin sur site le faisaient, l’ACVA se chargeait d’aller récupérer les boules des exploitations les plus éloignées. Et au matin du mardi 11 octobre, 3 camions emportaient un peu moins de 200 boules chez 8 éleveurs du canton de Saint-Chély d’Apcher. « C’est ce qui a plu dans l’opération », conclut Patrick Pintat. « Un canton qui en aide un autre. Tout simplement. »

L’ACVA compte d’ailleurs donner une suite à cette action. Dans le courant de l’hiver, ses adhérents prévoient d’aller à la rencontre des agriculteurs de ce canton de Lozère. Cette visite touristique et professionnelle fera étape chez l’éleveur laitier qui a effectué le transport du foin et enfin chez un des bénéficiaires de l’opération. L’occasion d’échanger entre agriculteurs et de voir comment les voisins s’en sortent. En tout cas, les éleveurs de Salies peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli, mais aussi de ce qu’ils ont déclenché. De fait, l’expérience a plu à l’ACVA d’Aurignac, qui souhaite du coup mettre en œuvre une opération similaire sur le canton. La solidarité a encore de beaux jours devant elle…

S.G.

Auteur de l’article : Sébastien Garcia