Des chambres d’hôtes à la ferme

Buzet-sur-Tarn. Bernard-Loïc Calleja a créé ses deux premières chambres d’hôtes en 2008, suivies peu à peu de deux autres et d’une salle de réception. Une nouvelle activité, aux côtés de la production et la vente de fruits & légumes.

Bernard-Loïc Calleja s’est installé en août 2006. Comme beaucoup d’agriculteurs, il a pris la suite de ses parents. « Mon père a acheté les terres dans les années 1960. Elles dépendaient par le passé du château de Conques », raconte-t-il volontiers. À cette époque, l’exploitation est alors tournée vers la pommiculture. Mais chaque génération laisse souvent son empreinte. Lui a décidé de produire également des légumes, développer la vente à la ferme et créer des chambres d’hôtes.

Un bâtiment ancien à réaménager

Ces dernières sont situées dans un bâtiment en briques roses, situé le long des berges du Tarn. Difficile de ne pas être séduit par le charme des lieux. « C’était autrefois l’habitation du métayer », indique-t-il aussi. Dix-huit mois de travaux ont été nécessaires. « Ma mère m’avait donné tout un tas de bouquins de décoration. Puis après, c’était à l’inspiration. Je ne voulais pas faire une restauration avec du faux ancien. Je voulais garder ce qui était ancien, en le mélangeant avec du contemporain », explique-t-il encore.

Concrètement, seuls les murs et la toiture ont été conservés. Tout le reste a été refait. « Il fallait réattribuer une fonction (implanter une chambre, une salle de bains…) dans des espaces déjà existants. J’ai également choisi de garder ou non des briques apparentes. Trop de briques tuent la brique ! », mentionne-t-il également.

Combiner agriculture et agritourisme

Ce sont donc trois chambres ainsi qu’une suite qui sont proposées (11 personnes au maximum). Une salle de réception – selon sa configuration – peut aussi accueillir jusqu’à 250 personnes. Les réservations ou demandes de renseignements peuvent arriver à n’importe quel moment. L’organisation du travail, entre la production agricole et l’accueil des hôtes, peut donc se révéler être une vraie problématique. « Il faut trouver le temps de s’occuper des deux choses à la fois, avec le temps nécessaire. C’est vrai qu’il est parfois difficile d’être au four et au moulin. Quand je dois servir les petits déjeuners, il y a aussi les préparations de commandes, c’est un peu compliqué. Même avec un salarié », confirme Bernard-Loïc Calleja. Et les tâches sont nombreuses : outre la préparation des petits déjeuners, il y a le nettoyage des chambres et des salles de bains, l’entretien des espaces verts, etc.

Mais être accueilli au sein d’une exploitation présente des avantages. Au-delà du cadre de vie, les touristes peuvent goûter les produits du terroir. « Lors du petit déjeuner, je sers le jus de pommes et les fruits de l’exploitation. Cela permet d’engager la conversation autour du verger », relate-t-il encore. Des mets locaux sont aussi servis à table, à l’instar de confitures, fromages, etc.

Une activité qui reprend doucement

Les profils des clients sont divers. Il y a tout d’abord des professionnels, en déplacement à Bessières ou encore Saint-Sulpice-la-Pointe. D’autres viennent pour des événements (mariage, anniversaire…) ; lesquels peuvent se dérouler sur place ou dans des salles situées aux alentours (Château de Conques, manoir des Tourons, etc). « La période la plus calme, ce sont les trois premiers mois de l’année. Le gros de la saison, c’est d’avril à octobre », note-t-on.

Mais ces dernières semaines, le confinement a néanmoins stoppé net l’activité agritouristique. « Elle reprend doucement au niveau des chambres. Les visites pour les mariages, c’est en train de reprendre pour 2021 », précise Bernard-Loïc Calleja. Lors de cette période, certains événements ont dû être annulés. Au regard du contexte, l’agriculteur a choisi de rembourser ses clients. « J’ai quand même remboursé les acomptes, j’ai trouvé cela plus correcte vu la situation sanitaire », poursuit-il.

S’il a pu le faire, c’est également parce que le chiffre d’affaires de l’activité agricole a quant à lui décollé. « Il a progressé par rapport à l’année passée. Ce regain d’activité nous a amené un peu de trésorerie. On s’est fait dévaliser en fruits et légumes. Les gens ont découvert qu’on existait », ajoute-t-il encore.

Aurélien Tournier

Auteur de l’article : Aurélien Tournier

Journaliste.