Lavail met du bleu au 4L Trophy

Publié le 2 septembre 2015

Le 18 février 2015, la 4L de l’équipage 887 s’élançait depuis Biarritz, direction Marrakech, au Maroc. Au volant, Mathieu et Gaël, étudiants en 2ème année de BTS Agroéquipement au Lycée de Carmaux, participaient à leur premier raid 4L Trophy. À tout juste 20 ans, ils réaliseront un périple de 10 jours et près de 6.000 km de routes et pistes de sable. Une aventure rendue possible par le soutien du Groupe Lavail, le concessionnaire New-Holland de Revel.

Course contre la montre

Ils en rêvaient depuis près de deux ans et n’attendaient que d’avoir leur permis de conduire pour se lancer. À peine le précieux sésame en poche, les deux compères, qui se connaissent depuis leur Bac Pro, trouvent une 4L en assez bon état dans l’Aveyron. Reste à la préparer et pour cela, il faut un peu d’argent. À la fin de l’été 2014, ils se mettent en quête de sponsors. « On a eu beaucoup de mal », se souvient Mathieu. « Les 3 ou 4 « touches » que nous avions eues nous permettaient de rassembler environ 1.000 €. Loin des 7.000 nécessaires à financer le raid… » Gaël, qui avait passé son stage de fin d’étude dans le Groupe Lavail, tente alors sa chance auprès du concessionnaire. Et tout s’accélère… « Nous avons été contactés en décembre pour préciser nos motivations et parler de nos projets d’avenir », poursuit Mathieu. « C’est juste avant Noël, nous avons appris que notre dossier avait été retenu et que Lavail sponsorisait notre aventure. » Dès lors, pas question de traîner car le départ est prévu le 18 février. Tous leurs week-ends y passeront. Si le châssis est sain, nos deux raiders ont quand même à rehausser la 4l, installer des plaques de protections en dessous, changer les amortisseurs, remplacer les cardans, adapter des roues tout-terrain, réviser tout le véhicule de fond en comble et régler le moteur. « Nous avons tout fait nous-mêmes sauf la peinture, aux couleurs de Lavail, que nous avons laissée à un professionnel », précise Gaël. « Ce n’était pas de la grosse intervention, mais cela prend beaucoup de temps. En fait, on a fini la veille de notre départ. C’était un peu chaud ! »

Skier au Maroc…

Les deux amis partent donc le 17 février de Carmaux pour rallier Biarritz. Une fois sur place, ils découvrent les quelques 1.200 4L des 2.300 participants au rallye. « C’était assez drôle de voir tout le monde jauger sa voiture par rapport à celles des autres », sourit Gaël. « On a commencé à faire connaissance avec quelques équipes, le temps que toutes les formalités de départ soient terminées. » Le lendemain, c’est le grand saut. La première partie du voyage voit l’immense cortège traverser l’Espagne, jusqu’à Gibraltar. « Cela a été très long », reconnaît Mathieu. « Mais cela nous a permis de nous faire une petite réputation. » De fait, alors que leur 4L roule parfaitement, de nombreux équipages connaissent leurs premiers déboires mécaniques. Le raid étant placé sous le signe de l’entraide, les connaissances et compétences des deux étudiants en agroéquipement sont vite mises à contribution. Une fois arrivés à Tanger, les choses sérieuses commencent. Pour ses 18 ans d’existence, le 4L Trophy va même connaître un évènement exceptionnel. Après avoir longé la mer jusqu’à Rabat, la capitale, les raiders ont mis le cap au Sud-Est, vers le massif du Moyen-Atlas. Alors que la neige n’est habituellement visible qu’au loin, sur les plus hauts sommets de l’Atlas, les Trophistes découvrent incrédules un paysage blanc immaculé. « Le responsable marocain des bivouacs du raid n’avait pas vu cela depuis les années 70 », raconte Gaël. « Certains d’entre nous ont pu faire de la luge et on a même vu des échoppes louer des skis ! » Mais très vite, le parcours les emmène vers des paysages plus conformes à l’idée qu’on se fait du Maroc et le sable du désert et ses pièges reprenaient le devant de la scène.

Une compétition bon enfant

La vraie aventure a commencé à ce moment. Le rallye n’est pas basé sur la vitesse mais sur l’orientation. L’équipage qui trouve l’itinéraire le plus court l’emporte. Et tout ça seulement avec des cartes, le roadbook et une boussole. « On a appris sur le tas à nous repérer et à éviter de nous ensabler dans les oueds », poursuit Gaël. « Heureusement, les pluies tombées deux semaines avant, cette année, avaient rendu le sable relativement meuble. L’organisation nous aidait aussi sur les passages les plus traîtres. Ce n’était pas le Paris-Dakar, mais cela n’a pas empêché quelques moments de galère et surtout d’entraide et, au final, de rigolade. Cette course est géniale et nous étions comme des gosses, au milieu des pistes ! » Le seul pépin technique du rallye viendra de la présence de sable dans le carburateur. Pas de quoi inquiéter nos deux experts, qui ont eu vite fait de le démonter et le nettoyer avant de repartir de plus belle. Bonne surprise, lors d’une boucle dans la région de Merzouga, l’équipage 887 termine premier au classement de l’étape. Il n’en fallait pas plus pour aiguillonner nos deux jeunes, qui tenteront de réitérer l’exploit les jours suivants. Ils termineront finalement 86ème sur 1.200. « L’envie de profiter des gens et du paysage l’a emporté sur la compétition », avouent-ils. « Nous avons fait des rencontres extraordinaires dans les villages. Le rallye s’est achevé par une étape marathon, sans assistance le soir. Nous étions en bivouac autonome, avec une cinquantaine d’équipages au milieu du désert, quand des marocains sont arrivés de nulle part. Ils ont passé toute la soirée à parler avec nous. Cela a été la meilleure soirée du 4L Trophy ! »

Si vous êtes étudiant en machinisme agricole et que vous avez envie d'écrire une des pages du 4L Trophy, n'hésitez pas à contacter le groupe Lavail.
Si vous êtes étudiant en machinisme agricole et que vous avez envie d’écrire une des pages du 4L Trophy, n’hésitez pas à contacter le groupe Lavail.

Mais il est déjà temps de rentrer, la tête pleine de paysages fabuleux et de rencontres peu communes. Avant de rallier Carmaux, Gaël et Mathieu font un crochet à Grenade, en Espagne, pour visiter la concession ITT qui fait partie du Groupe Lavail. Puis ils feront une halte à Revel pour saluer leur sponsor. « Sans le soutien de Lavail, jamais nous n’aurions eu la chance de vivre cette aventure. Et ce n’est peut-être que le début…», ajoutent-ils. De fait, après leur BTS, Gaël s’est inscrit en Licence Pro Techniques des Matériels Agricoles et Mathieu, en Licence Management et gestion d’entreprise. Et si tous deux disent garder un œil sur le groupe Lavail pour se lancer dans la vie active, c’est aussi vrai pour le concessionnaire. « Des jeunes compétents, dynamiques, débrouillards et solidaires ne peuvent être que bénéfiques à l’entreprise qui les embauchera », glisse Pierre Lavail. « J’invite donc les étudiants en agroéquipement qui veulent se tester à tenter leur chance, avec nous, sur le 4L Trophy. Au pire, ils gagneront un beau souvenir. Au mieux, une belle opportunité de carrière. »

 

Le saviez-vous ?
Depuis sa création, le 4L Trophy vient en aide aux populations marocaines les plus isolées dans le désert en étroite collaboration avec l’Association « Enfants du Désert ». Leurs interventions s’effectuent jusque dans les zones les plus reculées du sud du Pays. Une action qui apporte un soutien moral et matériel aux familles les plus démunies. Cette année encore, l’engagement des Trophistes en faveur des populations locales a atteint des sommets. Grâce aux dons, deux salles de classe et trois jardins d’enfants vont pouvoir être construits et 20.000 enfants pourront bénéficier du matériel apporté.

Auteur de l’article : Sébastien Garcia