ZNT et chartes riverains : des réductions de distances possibles

Publié le 15 avril 2020

Plus d’une vingtaine de départements avaient déposé début avril une charte en préfecture. La Haute-Garonne est désormais concernée. Il est donc désormais possible de réduire les distances de non traitement (ZNT) à proximité des habitations. Mais sous certaines conditions.

© Nadège Petit

Étienne Guyot, préfet de la Haute-Garonne, a accusé réception le 9 avril dernier du projet de charte départementale d’engagements des utilisateurs de produits phytosanitaires. Ces derniers peuvent depuis réduire les distances de sécurité. Parmi les conditions principales, celle de posséder un matériel antidérive homologué.

La mesure n’est pas définitive

Si ce récépissé permet de rendre cette mesure opérationnelle, il n’en reste pas moins qu’elle n’est pas encore définitive. Il faudra en effet lancer – dès que la situation le permettra – une consultation publique.

« Je considère que le travail réalisé avec la FDSEA31, JA31 et d’autres organisations, a été correctement fait. D’autant plus qu’il a été validé à l’unanimité par le comité d’orientation de la Chambre d’agriculture de Haute-Garonne, qui reste le comité souverain et qui définit les orientations agricoles du département. Nous devons désormais lancer la consultation publique, afin de terminer la procédure et la rendre définitivement opérationnelle. Au-delà de la charte, c’est un premier pas vers la population. L’agriculture doit cohabiter avec les consommateurs, sans en oublier notre vocation première de produire. Je souhaite que cette charte évolue vers une charte de bon voisinage, permettant de travailler et d’évoluer dans un respect réciproque », souligne Serge Bouscatel, président de la Chambre d’agriculture de Haute-Garonne.

Pour la FDSEA31, le bon sens paysan et la rigueur scientifique sont en train de gagner

« Cette réduction même provisoire récompense le travail qui a été fait avec les services de la préfecture et tous les organismes professionnels agricoles. Elle permet de satisfaire au mieux les agriculteurs ainsi que la population. Néanmoins, nous restons vigilants sur la perte de foncier qui reste d’actualité, et les fermages ainsi que les emprunts qui continueront à être payés, malgré la perte de produits. Il y a également le devenir ainsi que l’efficacité de ces ZNT : quelle gestion par la suite et pour qui ? », note Élodie Doumeng, secrétaire générale de JA31.

« Après 3 mois de négociations actives entre le gouvernement et la FNSEA, le bon sens paysan et surtout la rigueur scientifique sont en train de gagner contre la démagogie et l’électoralisme. Le fait que le dépôt de la charte en préfecture entraine de facto l’application de la réduction des ZNT en est la preuve. N’en déplaise à nos détracteurs qui préconisent 150 mètres minimum (et pourquoi pas 500 m tant que l’on y est). Le travail effectué par la profession tant au niveau de l’amélioration du matériel que de la maîtrise des doses utilisées va finir par être reconnu. La crise du Covid-19 vient de mettre en exergue l’importance, que dis-je, la priorité vitale de la maîtrise de l’alimentation. Croyons que l’avenir confirmera qu’il n’y a pas de vie sans paysans et que l’écologie punitive et radicale ne nourrit pas son homme », réagit pour sa part Amaury de Faletans, secrétaire général de la FDSEA31.

Propos recueillis par A.T.

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Auteur de l’article : Aurélien Tournier

Journaliste.